En Catalogne, Rajoy en appelle à la "majorité silencieuse" contre l'indépendance

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 Mariano Rajoy donne un discours de soutien au candidat du Parti populaire à Barcelone le 12 novembre 2017

Mariano Rajoy donne un discours de soutien au candidat du Parti populaire à Barcelone le 12 novembre 2017

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© AFP, PAU BARRENA
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AFP, publié le dimanche 12 novembre 2017 à 18h40

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a tenté de mobiliser en Catalogne contre l'indépendance en appelant dimanche à Barcelone la "majorité silencieuse" à se faire entendre lors des élections régionales, au lendemain d'un rassemblement massif des indépendantistes.

En visite en Catalogne pour la première fois depuis qu'il a placé la région sous tutelle, Mariano Rajoy, bête noire des indépendantistes, est venu soutenir le candidat de son Parti populaire (PP, conservateur) Xavier Garcia Albiol aux élections régionales prévues le 21 décembre.

M. Rajoy a lui-même convoqué ce scrutin après avoir destitué le gouvernement séparatiste de Carles Puigdemont et dissous le Parlement régional pour "rétablir l'ordre constitutionnel", après le vote d'une déclaration d'indépendance le 27 octobre par le Parlement de Catalogne.

Le dirigeant conservateur a également appelé "toutes les entreprises qui travaillent ou ont travaillé en Catalogne à ne pas s'en aller", alors que près de 2.400 entreprises ont quitté la région, gagnées par l'incertitude sur son avenir.

Et dans une Catalogne économiquement stratégique pour l'Espagne où se succèdent manifestations, défilés et grèves, le tourisme dont dépendent bien des emplois a baissé d'au moins 15% depuis le référendum du 1er octobre.

- 'Démocratique et libre' -

"Nous voulons retrouver la Catalogne de tous, démocratique et libre", a déclaré Mariano Rajoy, appelant aussi les Espagnols à continuer d'acheter des produits catalans.

"Nous pourrons y arriver si la majorité silencieuse transforme sa voix en vote", a-t-il lancé aux Catalans partisans du maintien en Espagne dans cette région profondément divisée, à parts presque égales, sur l'indépendance.

Le candidat du PP, dont la campagne est placée sous le signe d'un coeur mêlant les drapeaux espagnol et catalan et du slogan "ensemble", a aussi interpellé les habitants de cette région. 

"Que préférez-vous? Des entreprises, des emplois, un futur, ce que représente le Parti populaire, ou la révolution, les blocages de routes, les grèves (...), ce que représente l'indépendantisme?", a interrogé Xavier Garcia Albiol, un ancien joueur de basket.

La secrétaire générale du PP, la ministre de la Défense Maria Dolores de Cospedal, a elle aussi vanté les mérites d'une région qui "faisait l'orgueil économique et social de l'Espagne".

Mais pour le PP, la campagne s'annonce ardue: lors des dernières régionales en Catalogne, il n'avait obtenu que 8,5% des voix, largement concurrencé par la jeune formation libérale Ciudadanos, deuxième force politique de la région, anti-indépendantiste et qui lui reproche sa corruption.

Mariano Rajoy s'exprimait au lendemain d'une gigantesque manifestation à Barcelone réclamant la libération d'une dizaine de dirigeants séparatistes, le noyau dur du mouvement, incarcérés dans des enquêtes pour "rébellion" et "sédition". 

Selon la police municipale, 750.000 personnes y ont participé, démontrant que les mouvements indépendantistes ont encore une grande capacité de mobilisation.

- République mort-née -

A Bruxelles, plusieurs centaines de manifestants indépendantistes catalans ont interpellé dimanche l'Union européenne, l'exhortant à "défendre la démocratie" en Catalogne. 

Un rassemblement auquel n'a pas assisté le président catalan destitué Carles Puigdemont, qui se trouve avec quatre autres ex-ministres de son gouvernement dans la capitale belge, dans l'attente d'une décision sur un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne à leur encontre.

Beaucoup de Catalans, même non indépendantistes, reprochent à Mariano Rajoy d'avoir mené un combat contre le statut de très large autonomie de la région, qui avait débouché sur son annulation partielle par la Cour constitutionnelle en 2010, vécue comme une humiliation.

M. Rajoy, qui a accédé au pouvoir en 2011, a toujours refusé les demandes de la Catalogne d'une meilleure répartition des rentrées fiscales de la nation, puis de la tenue d'un référendum d'autodétermination que les séparatistes ont fini par organiser malgré son interdiction par la justice.

Selon un sondage publié dimanche par le quotidien El Pais, 69% des Catalans désapprouvent la façon dont il gère la crise en Catalogne, bien que le même pourcentage soutienne sa décision de convoquer des élections régionales.


Les indépendantistes assurent avoir gagné le référendum du 1er octobre avec 90% des voix et 43% de participation. Mais leur rêve de sécession n'a duré que quelques heures après la proclamation de l'indépendance, jusqu'à la mise sous tutelle de la région. 

De moins en moins de Catalans semblent croire à l'indépendance de la région "dans un futur plus ou moins proche": ils ne sont plus que 28%, contre 51 en octobre.

Les sondages prédisent un score très serré entre les partisans de l'indépendance, qui avaient obtenu 47,8% des voix en 2015, et ceux d'une Catalogne espagnole.

 
171 commentaires - En Catalogne, Rajoy en appelle à la "majorité silencieuse" contre l'indépendance
  • Mr Puigdemont a une conduite irresponsable et mène la Catalogne dans le mur .........pour des questions d'ego !

  • pourquoi n' a t il pas laisser la majorité silencieuse s'exprimer lors du référendum
    il n'en serait pas là
    la majorité silencieuse ne s'exprimera pas différemment le 21 decembre qu'elle ne l'aurait fait lors d'un référendum

    Combien de fois faudra-t-il dire et écrire qu'un referendum régional ne peut se faire contre la Constitution et que le boulot du Président du Gouvernement est de protéger la Constitution. On appelle ça un "état de droit" et c'est la base de tiute démocratie.

    Ce referendum est interdit par la Constitution

    didierA :se retrancher derrière la constitution pour interdire des choses peut être aussi un état de dictature
    lorsqu'il y a un malaise il faut savoir demander l'avis des gens afin de chercher une solution qui les satisfasse
    les suisses ont une constitution mais n'imposent rien et voilà pourquoi chez eux tous les problemes sont aplanis
    il y a eu une votation (référendum) sur l'augmentation du salaire minimum le resultat a été non
    idem pour sortir du nucléaire le résultat a été oui
    ailleurs on impose et le probleme reste entier exemple le mariage pour tous
    s'il y avait eu un référendum sur le mariage pour tous ;il est plus que probable que le oui l'aurait emporté et le problème résolu ; alors qu'aujourd'hui en l'ayant imposé le problème reste entier

    Trop facile d'interdire un référendum....

    Comment museler...

  • c'est seul le peuple qui en décidera !

  • Qu' il organise un référendum et nous verrons bien ,mais la, il ne pourra plus reculer,et c est cela son problème.

  • Il a raison. Les indépendantistes sont une minorité recrutée chez les réveurs de gauche. Comme toutes les minorités, elle se pousse du col pour exister et laisser à croire qu'elle est majoritaire, c'est la même chose en France et la minorité agissante a produit Macron. Les vrais acteurs de la société catalane, ceux qui ont la pleine conscience des conséquences économique d'une indépendance imbécile car ils vivent de part leur travail dans un monde globalisé, devraient descendre dans la rue et faire valoir leur opinion. Ce sera je crois le cas lors des élections de décembre. Le reste n'est que gesticulation et grand guignol.

    C'est vrai ! 35000 résistants en France et 40 millions de collaborateurs actifs ou passifs en 1940. Cette minorité de rêveurs communistes et gaullistes...........

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