Catalogne: Madrid planche sur la suspension d'autonomie et de possibles élections

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 Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy à Bruxelles le 20 octobre 2017

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy à Bruxelles le 20 octobre 2017

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© AFP, Thierry ROGE, BELGA
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AFP, publié le vendredi 20 octobre 2017 à 13h30

Le gouvernement espagnol planchait vendredi sur les mesures qu'il adoptera s'il suspend en partie l'autonomie de la Catalogne pour répondre au défi indépendantiste, un plan qui pourrait y prévoir des élections régionales dès janvier.

Pendant ce temps, dès 8h00 du matin, des centaines de Catalans protestaient, par grappes de cinq ou six... en retirant de l'argent dans les banques. Objectif: dénoncer la "répression" de Madrid, en faisant en masse des retraits symboliques ou importants.

"C'est une manière de protester. Nous ne voulons aucun mal à l'économie espagnole ou catalane", expliquait à l'AFP Roser Cobos, une avocate de 42 ans qui venait de retirer au guichet 1.714 euros, en référence à l'année de la chute de Barcelone aux mains des troupes du roi Felipe V.

A Madrid, le gouvernement avait prévu de travailler toute la journée sur les mesures qu'il entend adopter pour reprendre la situation en main en Catalogne, où le président séparatiste Carles Puigdemont a encore prévenu jeudi que son Parlement pourrait voter une déclaration unilatérale faute de dialogue avec l'Etat.

Grâce à l'article 155 de la Constitution, Madrid pourrait assumer directement des compétences dévolues à la région, un sujet très sensible en Catalogne, où une grande partie des 7,5 millions d'habitants tient beaucoup à l'autonomie, retrouvée après la dictature de Francisco Franco (1939-1975).

La liste des mesures, qui doit être votée au Sénat, doit être finalisée samedi. Les conservateurs, au pouvoir à Madrid, y travaillent, avec socialistes et libéraux, au nom d'un "pacte national pour l'unité".

Le Parti socialiste (PSOE) souhaite limiter au maximum cette intervention de l'Etat.

"Nous serons très vigilants", a déclaré Carmen Calvo, chargée par le PSOE de négocier avec le gouvernement. "Le prestige de notre Etat de droit est en jeu".

- Des élections évoquées -

Mme Calvo a confirmé qu'en tête des priorités figurait l'organisation d'élections en Catalogne, en principe une compétence du président régional, qui serait alors reprise par l'Etat. 

Ces élections anticipées pour renouveler le Parlement régional - dominé depuis septembre 2015 par les indépendantistes qui avaient obtenu 47,8% des suffrages - permettraient de laisser les Catalans s'exprimer et d'apaiser les esprits.

D'après le média eldiario.es, le gouvernement et les socialistes seraient d'accord pour convoquer ces élections dès janvier. 

Questionnée, Mme Calvo a confirmé cette information d'un simple "oui".

Cette voie semble donc être celle que tous privilégient pour mettre fin à la crise divisant profondément les Catalans.

Des sources gouvernementales avaient déclaré mercredi que si M. Puigdemont acceptait de convoquer ces élections lui-même, Madrid renoncerait à l'application de l'article 155. 

Mais le président catalan écarterait pour l'instant cette possibilité.

Le numéro trois du parti conservateur au pouvoir, Fernando Martinez-Maillo, a insisté sur le fait que jusqu'à la dernière minute, il reste une marge pour éviter cette suspension d'autonomie.

"Tant que l'indépendance n'aura pas été proclamée et s'il fait marche arrière, il y a de la marge", a-t-il dit.

Sur place cependant, le ressentiment d'une partie de la population est très fort, rendant une marche arrière de M. Puigdemont difficile. Les manifestations se succèdent presque quotidiennement.

Deux associations indépendantistes, l'Assemblée nationale catalane (ANC) et Omnium Cultural, ont invité les militants à des "actions directes pacifiques", comme les retraits d'argent organisés vendredi.

Les indépendantistes accusent l'Etat espagnol de bafouer leurs droits, en premier lieu "le droit de vote", alors qu'ils réclament depuis 2012 la tenue d'un référendum d'autodétermination.

Le 1er octobre, ils ont organisé un référendum, interdit par Madrid. Ce scrutin qu'ils disent avoir emporté avec 90% des voix et une participation de 43%, a été émaillé de violences policières. 

Lundi, deux figures de l'indépendantisme en Catalogne, Jordi Cuixart et Jordi Sanchez, les dirigeants d'Omnium et de l'ANC, ont été placées en détention pour sédition.

La perspective d'une sécession panique cependant les milieux d'affaires, qui font aussi pression sur M. Puigdemont. Plus de 900 sociétés ont déjà transféré leur siège social hors de Catalogne.

 
7 commentaires - Catalogne: Madrid planche sur la suspension d'autonomie et de possibles élections
  • Des élections oui, mais précédées par une campagne avec exposé des avantages et des inconvénients de chaque formule
    Il y a peut-être une majorité pour l'indépendance mais cette "majorité" est très hétérogèe
    Il y a ceux qui veulent d'abord une République indépendante mais d'abord République et on verra bien la suite
    Il y a ceux qui croyaient que la Catalogne indépendante allait être reçue à bras ouverts par l'UE
    Il y a ceux qui au contraire voyaient dans l'indépendance le moyen de sortir de cette Europe
    Tout ça peut faire 60% des Catalans mais ça mène surtout dans le mur

  • la situation en catalogne reflète ce qui se passe dans tous les pays, une hégémonie d'un pouvoir centralisé, en Espagne c'est Madrid, en France c'est Paris, les peuples en ont assez, ils souhaitent se séparer ces villes qui se disent capitales.
    le pouvoir aux régions, un pouvoir indépendant politiquement et financièrement.
    je disais dernièrement, ou passe l'argent du ministère de la culture ? combien de fois, l'argent public a servit à festoyer dans Paris, des monuments historiques sont sacrifiés en France pour redorer en permanence le blason de Paris.
    alors oui je le dis, indépendance des régions avec sa propre gouvernance !!!!!!!

    Vos questions trouvent réponse dans les divers budgets
    Mainetenant qu'on consacre trop à la Capitale et pas assez aux régions c'est possible mais admettez aussi que le tourisme draine plus de monde vers Paris que l'église Chasseneuil

  • Madrid souhaite par ces élections gagner sur le référendum dit illégal , les indépendants doivent se méfier de cela

  • On aurait pu penser que depuis le temps les espagnols avaient compris quelque chose à leur histoire, ben non

  • On y court et Madrid sera seul responsable, on arrête pas un peuple en marche !!!!

    On n'arrête pas effectivement un âne buté

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