Brexit : un débat houleux deux jours avant le référendum

Brexit : un débat houleux deux jours avant le référendum

Les participants au débat sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne à Londres, le 21 juin 2016.

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Orange avec AFP, publié le mercredi 22 juin 2016 à 10h00

- Les Britanniques participent jeudi à un référendum historique sur le maintien de leur pays dans l'Union européenne. Mardi soir, l'ex-maire de Londres pro-Brexit Boris Johnson et son successeur travailliste Sadiq Khan, pro-européen, se sont vivement affrontés. -

Mardi soir, c'était le "camp de la peur" contre le "camp de la haine". Alors que les Britanniques se prononcent jeudi 23 juin sur le maintien ou non de leur pays dans l'Union européenne, les pro-Brexit et les pro-UE se sont affrontés dans un débat houleux, devant des milliers de personnes. La tension était palpable, à l'instar du reste de la campagne, faisant oublier l'apaisement relatif des jours ayant suivi le meurtre de la députée pro-UE Jo Cox.

Le ton est vite monté lors du rendez-vous d'un peu moins de deux heures organisé par la BBC : les interlocuteurs n'ont pas hésité à se couper la parole et le modérateur a lutté pour empêcher que l'émission ne vire à la foire d'empoigne. Le débat opposait trois responsables de chaque camp, debout derrière des pupitres installés sur la scène du SSE Arena Wembley de Londres.

Les discussions ont tourné au duel entre l'ancien maire conservateur de Londres, Boris Johnson, et son successeur, Sadiq Khan, le premier accusant les pro-UE d'être le "camp de la peur". Il faisait référence aux arguments laissant entendre que les conséquences économiques d'un Brexit seraient catastrophiques. "Ils disent que nous n'avons pas d'autres choix que de plier le genou devant Bruxelles. Nous disons qu'ils sous-estiment lamentablement ce pays", a ajouté M. Johnson, à qui l'on prête l'ambition de succéder au Premier ministre David Cameron.

"Vous nous reprochez d'agiter la peur, mais votre projet est celui de la haine", a répondu Sadiq Khan, en référence aux positions de ses adversaires sur l'immigration et accusant une fois encore les pro-Brexit de "mentir" quand ils disent que la Turquie pourrait rejoindre l'UE dans un futur proche. "Ce sont des propos alarmistes, Boris, vous devriez avoir honte", a-t-il lancé.

"MENSONGE, CE N'EST QUE MENSONGE APRÈS MENSONGE !"

Répondant à une question sur l'économie, le chef de file des partisans du Brexit a mis sur le dos de l'UE les difficultés rencontrées par la sidérurgie britannique. "On nous dit qu'on ne peut pas faire baisser nos coûts énergétiques pour protéger les emplois (...) parce que Bruxelles dit non", a-t-il déclaré. Réponse immédiate du travailliste Sadiq Khan, pro-UE : "Mensonge, ce n'est que mensonge après mensonge !". "Boris, tu devrais le savoir : près d'un demi-million d'emplois à Londres sont directement dépendants de l'Union européenne", a-t-il ajouté pour vanter les mérites d'un maintien dans le giron européen.

Hors de question pour les pro-Brexit, qui n'ont cessé de répéter leur slogan : "reprenez le contrôle", Boris Johnson allant même jusqu'à appeler les Britanniques à faire du 23 juin leur "jour de l'indépendance". "Un slogan n'est pas un projet. Quel est votre projet ?", a répondu Sadiq Khan, incitant ses compatriotes à "rester" et se "battre". "Soyez fiers", a-t-il lancé.

TRÈS COURTE AVANCE POUR LES PRO-UE

Ce débat, dont le ton a rappelé l'agressivité de la campagne, était pour les deux camps l'occasion de tenter de convaincre les quelque 10% d'indécis avant le référendum de jeudi sur la place du Royaume-Uni dans le bloc des 28, un scrutin déterminant pour l'avenir du pays, mais aussi de l'Europe. Tandis que les bookmakers penchent sans ambiguïté pour une victoire du "In", la moyenne des six derniers sondages effectuée par le site WhatUKThinks donnait une avance d'un point au maintien dans l'UE (51%).

Pourquoi économiquement, le Royaume-Uni devrait renoncer au #Brexit demain selon @nicolasbarre_ #E1Matin https://t.co/OwCxjoR0Bd

— Europe 1 (@Europe1) 22 juin 2016

Dans la journée, le Premier ministre conservateur David Cameron avait adressé une supplique aux Britanniques, les conjurant de penser à leurs enfants avant de voter. "Pour vous, votre famille et l'avenir de notre pays, votez pour rester" dans l'UE, a-t-il déclaré devant ses bureaux du 10, Downing Street, soulignant qu'une sortie de l'UE serait "irréversible". 

Le camp pro-UE a aussi reçu le renfort de l'ancien footballeur David Beckham. "Pour nos enfants et leurs enfants, nous devrions faire face aux problèmes du monde ensemble et pas seuls", a-t-il estimé. Dans le camp du "Leave" ("Sortir" de l'UE), Nigel Farage, le chef du parti europhobe Ukip, a présenté une nouvelle affiche dénonçant des écoles surpeuplées en raison de l'afflux de migrants, et accusé le camp du maintien d'instrumentaliser le meurtre de la députée pro-UE Jo Cox, tuée jeudi dans le nord de l'Angleterre.

Mercredi en fin de journée, un ultime débat sur Channel 4 opposera notamment le député du parti national écossais (SNP) Alex Salmond, pro-UE, et Nigel Farage, le chef de l'Ukip, le parti europhobe et anti-immigration.

À l'étranger, plusieurs appels à refuser un Brexit ont été lancés, notamment par François Hollande, qui a souhaité que la réponse des électeurs britanniques soit "la plus confiante dans l'avenir de l'Europe". Et alors que les marchés financiers attendent avec inquiétude le résultat du vote, la banque centrale américaine (Fed) a prévenu qu'une sortie de l'UE pourrait avoir "des répercussions économiques importantes". Face aux signaux d'alerte, la Banque centrale européenne (BCE) s'est dit "prête" à faire face à "tous les imprévus".

Quelque deux millions de Britanniques ont rejoint depuis décembre les listes électorales, portant le nombre d'électeurs potentiels au référendum de jeudi à 46,5 millions, un record, selon la commission électorale.

 
10 commentaires - Brexit : un débat houleux deux jours avant le référendum
  • Aujourd'hui, comment peut on imaginer qu'un seul pays puisse vivre sans les autres? Ce n'est pas le fait d'etre nonagénaire et plus, pas davantage d'avoir soutenu les Schumann ou Jean MONET? D'avoir partagé tant de choses avec Jacques Delors et autres, non. On peut etre d'accord ou pas avec ceux qui leur ont succédé jusqu'à ce jour. Non en ce jour je pense plutot a mes petits enfants, les trentenaires en général qui voyagent de par le monde et travaillent dans tel ou tel pays européens, je suis fondamentalement triste et inquiète du lendemain.

  • Il n'y aura pas de "brexit" ! Toutes les forces "obscures" des europhiles sont en marche. L'assassinat de cette députée Jo Cox en est la preuve mais vous me direz quelle bizarre coincidence lorsque l'on se rappelle l'assassinat de la députée suédoise Anna Lindh un petit peu dans les mêmes circonstances
    certain laisse paraitre avoir peur comme le Sieur Donald Tusk, président du Conseil européen, qui déclare lundi qu’une victoire du Brexit pourrait mener à la « destruction de la civilisation occidentale ». By Jove, rien que ça ?

  • comme quoi un simple et malheureux déces peut renverser l avenir d un pays mais c est du hazard bien sur

    Comme par hasard !

  • ça va être au coude a coude mais le camp du oui va l'emporter

  • Je pense que le Brexit ne se fera pas

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