Brésil: Lula se dit victime d'une "chasse aux sorcières"

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 Le juge brésilien anti-corruption Sergio Moro, le 15 août 2017 à Sao Paulo

Le juge brésilien anti-corruption Sergio Moro, le 15 août 2017 à Sao Paulo

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© AFP, NELSON ALMEIDA
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AFP, publié le jeudi 14 septembre 2017 à 04h01

L'ex-président brésilien Lula a clamé haut et fort son innocence mercredi, lors de son second face-à-face avec le juge anticorruption Sergio Moro, qui l'a déjà condamné à près de dix ans de prison dans une autre affaire.

"Je veux juste dire que nous sommes en présence d'une chasse aux sorcières", a affirmé au tribunal de Curitiba (sud) Luiz Inacio Lula da Silva, sur la défensive après le témoignage accablant d'un membre de sa garde rapprochée la semaine dernière.

"Même si je considère ce procès injuste et illégitime, je vais parler. Je suis sans doute la personne qui veut le plus que la vérité soit établie", a affirmé Lula, 71 ans, au début de l'interrogatoire, qui a duré 2h10.

En mai, à l'issue du premier face-à-face avec le juge Moro, qui s'était étendu plus de cinq heures durant, l'icône de la gauche, qui a présidé le Brésil de 2002 à 2010, s'était dit victime d'une "mascarade".

Mais sa situation s'est considérablement détériorée depuis, avec le témoignage accablant d'Antonio Palocci, son ancien ministre des Finances, qui a été arrêté en septembre 2016 puis condamné à une peine de 12 ans de prison.

- "Pacte de sang" -

Interrogé par le juge Moro la semaine dernière, ce dernier a affirmé que Lula avait passé "un pacte du sang" entre son parti, le PT, et l'entreprise Odebrecht, au coeur du scandale de corruption qui secoue le Brésil.

Il faisait notamment référence à l'affaire pour laquelle Lula était interrogé mercredi, affirmant que "les faits énoncés sont véridiques".

Selon les procureurs, Odebrecht a payé un terrain destiné à l'Institut Lula à Sao Paulo et mis à disposition de sa famille un terrain dans la ville voisine de Sao Bernardo do Campo, pour rétribuer des faveurs dans l'obtention de contrats avec la compagnie pétrolière d'Etat Petrobras.

"Les faits rapportés sont réels", a affirmé M. Palocci, une version rejetée bloc par Lula mercredi.

"Je ne suis pas en colère contre Palocci, il me fait de la peine (...) Il a le droit de vouloir être libéré, mais ne peut pas rejeter sur les autres la responsabilité pour des actes illicites qu'il a commis", s'est insurgé l'ex-président.

Visé au total par six procédures judiciaires, Lula est sous la menace de multiples condamnations qui pourraient réduire à néant ses ambitions de retourner au pouvoir.

En juillet, l'ancien ouvrier métallurgiste, qui avait fini ses deux mandats avec des taux record de popularité, a été condamné à neuf ans et demi de prison, reconnu coupable d'avoir reçu de la part de l'entreprise de bâtiment OAS un triplex dans une cité balnéaire en guise de pot-de-vin.

- Faible mobilisation -

Laissé en liberté en attendant son jugement en appel, il risque de se voir empêcher de se présenter à la présidentielle d'octobre 2018 en cas de condamnation en deuxième instance, voire de finir derrière les barreaux.

Lula est jusqu'à présent en tête des intentions de vote, mais suscite aussi un fort niveau de rejet dans l'opinion brésilienne.

Sa tournée réalisée ces dernières semaines dans les régions pauvres du nord-est n'a d'ailleurs pas attiré les foules.

Environ 300 militants de gauche ont montré leur soutien à l'ex-président à son arrivée au tribunal, mais les rues de Curitiba étaient aussi peuplées de quelques manifestants anti-Lula.

L'un d'eux brandissait une montage photo de l'ex-président derrière des barreaux, a constaté un photographe de l'AFP présent sur place.

En fin d'après-midi, après l'interrogatoire, une manifestation pro-Lula rassemblait environ 1.000 personnes, sur une place de Curitiba, une mobilisation bien moindre que lors du premier interrogatoire, quand près de 7.000 de ses partisans s'étaient déplacés. 

Encore traumatisé par la destitution brutale de Dilma Rousseff (2011-2016), dauphine de Lula, le PT pourrait être obligé de penser à un plan B pour la présidentielle de 2018, même si aucun membre du parti n'ose en parler ouvertement.

 
4 commentaires - Brésil: Lula se dit victime d'une "chasse aux sorcières"
  • il ne s'agirait pas plutot d'une chasse a l'escroc ????

  • Il existe une inclination naturelle des politiques de gauche pour la corruption, la prévarication, la concussion etc... Et c'est explicable : un candidat de droite est à l'origine issu d'un milieu déjà pourvu. Il a donc tendance à ne pas être halluciné par l'envie. Puisqu'il connait déjà les contraintes du patrimoine.

    Vous ne pensez pas que cette vision est un peu simpliste, voire manichéenne ?
    Le Brésil a malheureusement une longue tradition d'élites corrompues, de droite comme de gauche.
    Avez vous entendu parler des affaires de corruption auxquelles fait face Temer, successeur de Dilma Roussef, et classé au Centre Droite ?
    Et la période de plus grande corruption est la période de dictature militaire de droite des années 1964-1985.

    Vous avez une très fine analyse. En France les gens de gauche profitent largement de corruptions, contrairement à ceux de droite, toujours intègres, genre le couple Balkany ou Madame Le Pen qui eux sont irréprochables.

    Vous pensez vraiment ce que vous dites ou est-ce du second degré ? Avez-vous entendu parler des comptes de campagne de Sarkozy ? Les magouilles des époux Balkany, et des emplois fictifs de députés comme Fillon, Mercier et j'en passe !...

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    faber24  (privé) -

    La gauche au pouvoir en Amérique latine : Lula, Maduro, Chavez, Castro ... Pas brillant !

    Vous préférez la droite ? Macri en Argentine, mouillé dans l'affaire des Panama Papers, ou alors les dictatures de Pinochet ou de Videla il y a quelques décennies.
    A gauche, vous pourriez également parler des expériences plutôt réussie de Michelle Bachelet au Chili, Tabaré Vazquez en Uruguay, Evo Morales en Bolivie.

    Gauche-droite match nul !..

  • chez nous c est pire et ils continuent a faire de la politique impunément ...

    Alors chez nous s'ils ont la possibilité de continuer à faire de la politique c'est vraiment du gagne petit.Il faudrait les envoyer en Amérique latine faire des stages.

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