Birmanie: des dizaines de milliers de Rohingyas fuient les combats

Birmanie: des dizaines de milliers de Rohingyas fuient les combats

Des réfugiés Rohingyas, fuyant les violences en Birmanie, au camp de Kutupalong, le 29 août 2017, près de la la ville d'Ukhiya, au Bangladesh

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AFP, publié le samedi 02 septembre 2017 à 18h13

Quelque 60.000 personnes, principalement des Rohingyas, ont rejoint le Bangladesh, fuyant les combats dans le nord-ouest de la Birmanie, où au moins 250.000 personnes sont privées d'aide alimentaire en raison des affrontements entre l'armée et la rébellion rohingya.

Les violences ont commencé avec l'attaque il y a huit jours d'une trentaine de postes de police par la rébellion naissante de l'Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA), qui dit vouloir défendre les droits de la minorité musulmane rohingya. Depuis, l'armée birmane a lancé une vaste opération dans cette région très pauvre et reculée, poussant des dizaines de milliers de personnes sur les routes, au risque d'une crise humanitaire.

Depuis le 25 août, le nombre de personnes réfugiées au Bangladesh voisin "est de 58.600 selon les différentes agences humanitaires, et va continuer à augmenter", a déclaré samedi à l'AFP la porte-parole du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), Vivian Tan. La veille, l'ONU avait fait état de 38.000 réfugiés arrivés au Bangladesh en l'espace d'une semaine, au cours de laquelle les combats ont fait plus de 400 morts.

Des dizaines de milliers d'autres personnes, quasiment toutes Rohingyas, sont bloquées à la frontière, le Bangladesh disant ne pouvoir en accueillir davantage. Et 12.000 civils bouddhistes de l'ethnie Rakhine ont également été déplacés, d'après ECHO, la branche de l'Union européenne chargée de l'humanitaire.

Pour ceux qui sont restés en Birmanie, la situation humanitaire est tendue: les distributions du Programme alimentaire mondial (PAM) ont été suspendues en raison des combats.

"Toutes les opérations d'aide alimentaire en Etat Rakhine ont été suspendues depuis le début des attaques, ce qui affecte 250.000 déplacés et autres populations vulnérables", a expliqué samedi à l'AFP Pierre Peron, porte-parole du bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires.

Dans cette région, quelque 120.000 Rohingyas vivent dans des camps à Sittwe depuis des violences interconfessionnelles en 2012. Ils n'ont pas accès au marché du travail et leurs déplacements sont limités, ce qui les rend dépendants de l'aide alimentaire.

"Les accès humanitaires au nord de l'Etat Rakhine restent coupés et la campagne contre l'ONU et les ONG se poursuit sur les réseaux sociaux", a déploré ECHO.

- 'Eviter une catastrophe' -

Le gouvernement birman, dirigé de facto par l'ex-dissidente Aung San Suu Kyi, soupçonne les organisations humanitaires de parti pris pro-Rohingya et a affirmé que des rations avaient été retrouvées dans des camps de rebelles.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé vendredi "à la retenue et au calme pour éviter une catastrophe humanitaire".

Samedi, le gouvernement birman a toutefois indiqué sur sa page Facebook que l'armée "poursuivait ses opérations pour restaurer la paix et la stabilité", restant sur une ligne dure.

"Les images satellites (...) laissent craindre un niveau de dévastation dans le nord de l'Etat Rakhine qui pourrait être bien plus important que ce que l'on pensait au départ", selon Phil Robertson de Human Rights Watch Asie.

L'ONG évoque plusieurs centaines de bâtiments détruits par le feu.

Une commission internationale dirigée par l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a récemment appelé la Birmanie à donner plus de droits à sa minorité rohingya, qui compte environ un million de personnes, faute de quoi elle risque de "se radicaliser".

Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix, a accusé lundi les "terroristes" rohingyas, qui mènent ces attaques meurtrières dans l'ouest du pays, d'utiliser des enfants soldats et de mettre le feu à des villages.

Malgré des décennies de restrictions et de persécutions en Birmanie, où cette minorité musulmane d'un million de personnes est marginalisée et considérée comme étrangère, les Rohingyas n'avaient jusqu'à présent presque jamais recouru à la lutte armée.

 
5 commentaires - Birmanie: des dizaines de milliers de Rohingyas fuient les combats
  • tous des lâches même pas capable de défendre leurs pays mais faire des gosses la il sont très fort

  • Lors de la conquête coloniale de la Birmanie par les britaniques , on ne signalait que quelques populations éparses de rohingyas, sur certaines îles côtières et quelques points, le long de la côte ouest de la Birmanie.

    Après plusieurs vagues de migrations venues la région côtière de Chittagong ,dans l'actuel Bangladesh,
    les rohingyas composeraient, aujourd'hui, entre le tiers et la moitié de la population de l'état birman de Rakhine
    ( environ 3.5 millions d'habitants).

    Au Bangladesh, dont ils sont originaires, les rohingyas vivent dans le plus grand dénuement et sous la pression démographique de leurs coreligionaires bengalais,...Et sont de moins en moins nombreux (environ 300 000)

  • Même les bouddhistes se mettent à persécuter les musulmans!

  • "Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix, a accusé lundi les "terroristes" rohingyas, qui mènent ces attaques meurtrières dans l'ouest du pays, d'utiliser des enfants soldats et de mettre le feu à des villages."
    Ces rebelles qui sont soutenus et défendus par le président islamiste turc...
    Lequel ose,oui...,il ose parler de génocide !
    Hallucinant...
    Vous souvenez vous des arméniens,Mr Erdogan ??

    En Turquie, le Président est islamiste, mais les femmes se baignent en maillot de bain, et à Istanbul comme en Capadocce beaucoup de femmes ne sont pas voilées.Quant au génocide arménien, Erdogan ne peut pas s'en rappeler, il n'était pas né.Comme si en France, on demandait à Macron de se souvenir des massacres de Sétif, 8 mai 1945.

    En 1830, il y avait 2 millions arméniens sur le territoire de l'actuelle Turquie,...
    ...et 2 millions d'algériens sur le territoire de l'actuelle Algérie.

    Aujourd'hui, il n'y a plus que quelques centaines d'arméniens en Turquie ...
    ...et 42 millions d'algériens en Algérie !

    Comparons ce qui est comparable! , et si massacres il y a eu, ils n'ont, à l'évidence,
    pas eu la même ampleur dans ces deux pays

  • encore des refugiers a venir

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