Belgique : les "affaires" virent au cauchemar pour les socialistes francophones

Belgique : les

Le président du Centre démocrate humaniste (CDH), Benoît Lutgen, le 30 avril 2016 à Liège

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AFP, publié le lundi 19 juin 2017 à 19h41

Miné par une série de scandales financiers, le Parti socialiste (PS) belge francophone se trouve en pleine tourmente après le lâchage surprise de son partenaire centriste, qui a annoncé lundi sa volonté de gouverner sans lui en Wallonie (sud) et à Bruxelles.

"La rupture est nécessaire, elle doit être immédiate", a lancé lors d'une conférence de presse le président du Centre démocrate humaniste (CDH), Benoît Lutgen, au pouvoir dans les régions francophones de Belgique avec les socialistes depuis 2004.

"Je lance un appel solennel au Mouvement Réformateur (libéral), à Ecolo, à Défi (centre) et à tous ceux qui partagent nos constats (...) pour former de nouvelles majorités à Bruxelles, en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles", a ajouté Benoît Lutgen.

Pour justifier ce retournement d'alliance inattendu, à deux ans des élections régionales de juin 2019, M. Lutgen a mis en avant les affaires "profondément choquantes" qui touchent depuis des mois son partenaire socialiste. 

"Comme les citoyens, (je suis) dégoûté", a-t-il expliqué, fustigeant une "cupidité qui a dépassé tout entendement", une "conscience sociale emportée par l'appât du gain".

Le PS a vu depuis le début de l'année plusieurs de ses mandataires mis en cause.

D'abord dans le cadre du scandale "Publifin", du nom d'une société semi-publique basée à Liège (sud-est), dont des administrateurs - socialistes mais pas uniquement - sont soupçonnés d'emplois fictifs, puis, début juin, dans l'affaire dite du Samusocial, qui a poussé à la démission le bourgmestre (maire) socialiste de Bruxelles, Yvan Mayeur.

Le maire de la capitale a jeté l'éponge quand a été révélée sa rémunération pour siéger au conseil d'administration de cette organisation d'aide aux sans-abris : plus de 17.000 euros brut par an, alors qu'il disposait déjà d'un confortable salaire.

Pour le PS le symbole est dévastateur, à 17 mois des prochaines élections municipales, d'autant plus que la presse publie jour après jour les mandats, parfois extrêmemement bien rémunérés, dont bénéficient ses représentants dans diverses associations ou entreprises publiques.

La loi électorale ne prévoyant pas l'organisation d'élections anticipées au niveau régional, les présidents de partis désireux de former une coalition vont donc négocier dans les prochaines semaines de nouveaux pactes de gouvernement pour la fin de la législature, qui s'achève en juin 2019.

Le président du parti libéral, le Mouvement Réformateur (MR), Olivier Chastel, s'est immédiatement dit prêt à entamer un "dialogue politique" avec le parti centriste CDH.

De son côté, le chef du PS, l'ancien Premier ministre Elio Di Rupo, a fustigé dans un communiqué la "trahison" et la "désertion" de son allié CDH.

Le PS, dans l'opposition au niveau fédéral et qui craint de subir le sort du PS français lors des prochaines échéances électorales, pourrait en principe contrer l'offensive du CDH en faisant alliance avec les libéraux du Mouvement Réformateur.

Mais les relations entre les deux formations qui se disputent la primauté en Belgique francophone depuis des décennies sont exécrables.

 
4 commentaires - Belgique : les "affaires" virent au cauchemar pour les socialistes francophones
  • Premiers commentaires typiquement franchouillards et qui ne connaissent rien à ce qui se passe ailleurs. Ce qui arrive au PS belge est la conséquence directe et automatique du vote à la proportionnelle: les gens qui sont élus sont choisis par les partis parmi leurs dirigeants. Ce sont toujours les mêmes qui acquièrent ainsi le sentiment d'être intouchables car les élus le sont dans l'ordre de la liste qui est faite par ceux qui sont en place. Le poisson pourrit toujours par la tête et, à moins qu'un parti ne descende au dessous de 5 % des voix, ce sont toujours les mêmes qui sont à la tête. S'il n'y a pas de mesure très violente de non cumul des mandats dans le temps ("deux mandats maximum par exemple) la corruption s'installe. Cela a été le cas en Italie aussi.

  • les Belges ont commencé le ménage

  • Rien d'exceptionnel 'c'est seulement un PS "normal" ..............

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