Antonov à Washington : un diplomate chevronné, partisan de la ligne dure

Antonov à Washington : un diplomate chevronné, partisan de la ligne dure

Photo prise le 1er juin 2014 à Singapour d'Anatoli Antonov, nommé le 21 août 2017 ambassadeur de Russie aux Etats-Unis.

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AFP, publié le lundi 21 août 2017 à 15h14

Le nouvel ambassadeur de Russie aux Etats-Unis, Anatoli Antonov, est un diplomate chevronné, fin connaisseur des questions de défense,  qui passe pour être un partisan de la ligne dure et affiche une profonde méfiance à l'égard de Washington.

Nommé lundi par un décret de Vladimir Poutine, ce diplomate de 62 ans, jusqu'ici vice-ministre des Affaires étrangères, devra mettre toute son expérience dans la balance s'il veut contribuer à sortir de l'ornière les relations russo-américaines et calmer la tempête médiatique déclenchée par l'ingérence présumée de Moscou dans la dernière campagne présidentielle aux Etats-Unis.

Son prédécesseur Sergueï Kisliak s'est retrouvé dans l'oeil du cyclone, accusé par les médias américains d'avoir conspiré pour faciliter l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, après qu'eurent été révélées ses rencontres avec les conseillers du candidat républicain.

M. Antonov, sanctionné par l'Union européenne pour son rôle présumé dans la crise ukrainienne, "est un tenant de la ligne dure, qui comprend bien les sujets dont il parle et qui connaît très bien l'Occident", résume l'expert Alexandre Gabouïev, du Centre Carnegie à Moscou.

"C'est un partisan loyal de la politique du Kremlin, mais il n'est pas aussi enclin à croire aux théories du complot" que "beaucoup" de responsables dans l'armée russe et dans la communauté du renseignement, ajoute-t-il.

Anatoli Antonov a gravi les échelons de la diplomatie soviétique et russe avant d'enfiler l'uniforme pour devenir vice-ministre de la Défense entre 2011 et 2016, une période au cours de laquelle les relations avec les Occidentaux sont tombées à leur plus bas niveau depuis la fin de la Guerre froide.

Au ministère de la Défense, il a fait preuve de fermeté, balayant d'un revers de main les accusations d'ingérence en Ukraine et les critiques sur la Syrie.

Il a nié en bloc les soupçons de présence de soldats russes dans l'Est séparatiste de l'Ukraine et tourné en ridicule les accusations liant les rebelles prorusses à la destruction de l'avion du vol MH17 de la Malaysia Airlines.

En février 2015, l'Union européenne répond en l'intégrant à la liste des personnes sanctionnées pour leur rôle dans la crise ukrainienne.

Il a aussi joué un rôle central dans la guerre des mots avec la Turquie après la destruction fin 2015 par Ankara d'un bombardier russe au-dessus de la frontière syrienne, accusant le président Recep Tayyip Erdogan et sa famille d'être mêlés au trafic de pétrole avec les jihadistes du groupe Etat islamique.

"Les autorités turques et Erdogan en particulier ne démissionneront pas et ne reconnaîtront rien même si leurs visages sont barbouillés de pétrole volé", avait-il notamment lancé.

- START -

Anatoli Antonov, qui parle couramment l'anglais et le birman selon son CV sur le site internet du ministère russe des Affaires étrangères, a une expérience considérable dans la négociation avec les Etats-Unis.

Il a ainsi conduit la délégation de la Russie aux pourparlers sur le nouveau traité START destiné à réduire le nombre des armes nucléaires, signé en 2010 avec les Etats-Unis, ce qui a constitué une brève période de détente entre les deux pays.

"Les mots les plus adéquats pour décrire l'atmosphère des pourparlers seraient : +respect mutuel+. C'est grâce à ce respect mutuel que nos rencontres sont toujours professionnelles et très productives", avait affirmé le négociateur américain Rose Gottemoeller en 2011.

Selon le quotidien Kommersant, M. Antonov était pressenti pour diriger l'ambassade à Washington bien avant la victoire de Donald Trump à la présidentielle.

Et malgré sa réputation de partisan de la ligne dure, le diplomate est favorable à un apaisement dans les relations russo-américaines, du moment toutefois que ce dernier va dans le sens des intérêts de Moscou.

"Un grand travail nous attend : nous sortir de ce bourbier. Mais cela ne veut pas dire céder" aux Etats-Unis, a déclaré Anatoli Antonov en mai.

"Nous devons convaincre nos collègues américains que des relations amicales, équitables et respectueuses sont dans l'intérêt de nos deux peuples", avait-il résumé.

 
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