Albanie: un écrivain veut diffuser son dossier de la police politique

Albanie: un écrivain veut diffuser son dossier de la police politique

L'écrivain albanais Ismail Kadaré, à Jérusalem, le 8 février 2015

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AFP, publié le jeudi 13 avril 2017 à 16h26

Albanie: l'écrivain Ismail Kadaré réclame l'ouverture d'un dossier qu'avait établi sur lui la police secrète du dictateur communiste Enver Hoxha

L'écrivain albanais Ismail Kadaré réclame l'ouverture d'un dossier qu'avait établi sur lui la police secrète du dictateur communiste Enver Hoxha.

"J'ai demandé l'ouverture de mon dossier sans poser aucune condition", a déclaré jeudi l'auteur de 81 ans, lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP. 

Les autorités albanaises viennent d'ouvrir l'accès des archives de la Sigurimi, la police secrète d'Hoxha, dictateur de 1944 à sa mort en 1985. Ismail Kadaré espère y trouver des informations sur les enquêtes menées sur lui par le régime, notamment sur les personnes qui l'auraient surveillé ou espionné.  

Le romancier a pu continuer d'écrire et de publier sous la dictature, expliquant plus tard avoir "essayé de faire une littérature normale dans un pays anormal". 

Mais entre la publication de son premier roman, "Le Général de l'armée morte" (1963), et son exil en France en 1990, il l'a fait sous l'épée de Damoclès de l'appareil policier et de la Sigurimi.

Soumis à une surveillance constante et étouffante, Ismail Kadaré a parfois frôlé l'arrestation. Une des alertes les plus chaudes fut consécutive à son poème les "Pachas rouges" (1975), une critique du régime qui l'avait contraint à une autocritique publique. 

Ismail Kadaré, qui se partage entre Tirana et Paris, a formulé sa demande dans une lettre ouverte publiée dans les médias de Tirana. 

Il y a rappelle avoir été un des premiers à demander l'ouverture des archives de la Sigurimi, étape indispensable à ses yeux pour permettre à la société albanaise de tourner la page. 

"Malheureusement ma demande n'a pas été entendue. Elle a toujours provoqué des tensions qui se poursuivent, pour des raisons évidentes à comprendre", a-t-il expliqué jeudi à l'AFP.

Dans ce pays de trois millions d'habitants, plus de 100.000 ont été internés dans des camps, 20.000 ont été emprisonnés et 6.000 sont morts ou ont disparu sous le régime communiste (1944-1991).

 
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