Allemagne: Merkel en quête d'alliés, la droite nationaliste divisée

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 La chancelière allemande Angela Merkel au début d'une réunion avec son parti au lendemain des législatives à Berlin, le 25 septembre 2017

La chancelière allemande Angela Merkel au début d'une réunion avec son parti au lendemain des législatives à Berlin, le 25 septembre 2017

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© AFP, Odd ANDERSEN
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AFP, publié le lundi 25 septembre 2017 à 11h39

Victorieuse mais affaiblie par un score électoral décevant, Angela Merkel s'attelle lundi à la tâche difficile de former une nouvelle majorité en Allemagne dans un paysage politique éclaté, alors que la droite nationaliste a commencé à se déchirer au lendemain même de son succès historique.

L'état-major du parti conservateur CDU de la chancelière s'est réuni dans la matinée pour tirer les premières leçons d'un scrutin législatif où le mouvement n'a recueilli que 33% des voix, son plus mauvais score depuis 1949, selon les résultats définitifs publiés lundi matin.

"Une victoire cauchemardesque", résume le quotidien Bild.

La quatrième victoire consécutive de la chancelière, au pouvoir depuis 2005, a un goût amer pour elle. Et les premiers signes de contestation sont apparus du côté de ses alliés conservateurs bavarois de la CSU, qui militent depuis deux ans pour que Mme Merkel entame un virage à droite.

Car une partie de l'électorat conservateur --un million de personnes selon les sondages-- a rejoint l'AfD (Alternative pour l'Allemagne). Ce mouvement de droite populiste a fait du rejet de l'accueil massif des migrants décidé par la chancelière en 2015 son grand cheval de bataille.

"Nous avons délaissé notre flanc droit et il nous appartient à présent de combler le vide avec des positions tranchées", a lâché le chef de la CSU, Horst Seehofer.

"La consternation règne dans les rangs conservateurs et la principale responsable est toute désignée", estime lundi le quotidien de centre gauche Süddeutsche Zeitung.

- Déchirements à l'AfD -

L'AfD a raflé 12,6% des suffrages après une campagne prenant pour modèle le président américain Donald Trump et les partisans de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Ce succès a été obtenu au prix d'une radicalisation du discours du mouvement, avec des propos révisionnistes sur le nazisme, des attaques très dures contre Angela Merkel, les musulmans et les étrangers. Un durcissement qui a rallumé les divisions internes d'un parti disparate.

Une des dirigeantes du parti, qui fut jusqu'en début d'année sa figure de proue, Frauke Petry, a créé la surprise en annonçant lundi qu'elle refusait de siéger au sein du groupe parlementaire de l'AfD à la chambre des députés.

Elle s'en est pris notamment à l'un des deux chefs de file de la campagne du parti, Alexander Gauland, qui a annoncé juste après les élections que l'AfD, forte de son succès, allait mener "la chasse" à Angela Merkel. Il a aussi récemment créé la polémique en appelant à à être fier des performances des soldats allemands durant la Deuxième guerre mondiale.

L'entrée d'un tel parti dans la chambre des députés est un vrai choc pour de nombreux Allemands, l'identité d'après-guerre reposant justement sur la lutte contre les extrêmes, la quête du compromis et la repentance pour les crimes du IIIe Reich.

Le Congrès juif mondial a qualifié l'AfD de "mouvement réactionnaire honteux qui rappelle le pire du passé". 

- 'Jamaïque ' -

Les problèmes pour Merkel ne s'arrêtent pas là: sa victoire étriquée limite fortement sa capacité à forger une coalition majoritaire au Parlement. Et les sociaux-démocrates, ses partenaires jusqu'ici, ont annoncé qu'ils rejoignaient les bancs de l'opposition après un score historiquement bas.

Il ne lui reste sur le papier qu'une solution: une alliance inédite au niveau national réunissant son parti conservateur, les Libéraux du FDP, qui reviennent au Bundestag avec 10,7%, et les Verts, qui ont atteint 8,9%. 

Cette coalition, dite "Jamaïque" - référence aux couleurs noir-jaune-vert des trois partis - n'existe actuellement qu'au niveau régional, dans le petit Etat nordique du Schleswig-Holstein. Et seulement depuis le printemps.

Problème, ces deux derniers partis s'opposent sur bien des dossiers clés comme l'immigration, l'avenir du diesel et la sortie du charbon. Ils ont aussi chacun des désaccords de fond avec les conservateurs.

Le chef des libéraux, Christian Lindner, a lui déjà fixé une condition pour entrer au gouvernement: le rejet des idées de réforme de la zone euro portées par le président français Emmanuel Macron. Un budget commun est ainsi "une ligne rouge", car Berlin ne doit pas se retrouver à payer les dérapages financiers des autres. 


Les négociations pourraient donc prendre des mois. Depuis les premières élections d'après-guerre en 1949, le parti vainqueur a toujours réussi à former une majorité. Et la chancelière a exclu un gouvernement minoritaire s'appuyant sur des majorités changeantes.

Ce n'est qu'après l'officialisation d'une nouvelle coalition que Mme Merkel pourra formellement être désignée chancelière une quatrième fois. Autrement, de nouvelles élections pourraient être convoquées.

 
32 commentaires - Allemagne: Merkel en quête d'alliés, la droite nationaliste divisée
  • La droite nationaliste n'est pas divisée, un personne, Frauke Petry a dit ne pas vouloir siéger au seins du groupe parlementaire AFD au Bundestag. La raison c'est qu'elle à été évincée du premier plan de partie AFD en Avril 2017. C'est en quelque sorte sa vengeance.

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    Antidote1er  (privé) -

    Angela Merkel ne récolte-t-elle pas les fruits de sa politique favorable aux migrants ? La social-démocratie (SPD) subit un revers sensible et le nationalisme progresse fortement: tout le contraire de ce qu'espérait Emmanuel Macron dont la politique pro-européenne semble désormais remise en cause.

  • "Le chef des libéraux, Christian Lindner, a lui déjà fixé une condition pour entrer au gouvernement: le rejet des idées de réforme de la zone euro portées par le président français Emmanuel Macron."
    Et c'est la que se joue le drame , tout le programme de macron sur les réformes de l'europe viennent de tomber à l'eau . Quand dans 4 ans , il y aura en France 1.000.000 de travailleurs détachés , et 7 millions de chômeurs ... j'attendrais avec impatience quelles seront les nouvelles promesses de notre petit caporale . RIP l'euro ... tu ne me manqueras pas !

    eglantine , vous avez tout résumée la situation , des millions de Français on la meme réaction que vous

    "des millions de Français on la même réaction que vous" ... Je crains hélas qui vous fassiez preuve d'un excès d'optimisme , les 3/4 des Français ne pipent pas un mot des tenants et aboutissants du rapport de force européen , pendant 15ans , nos médias mondialistes leurs ont servis la soupe de "l'europe de la prospérité , l'europe qui protège" alors que dans les faits , c'est exactement le contraire , une Europe en crise depuis 10 ans, ouverte aux 4 vents de la globalisation sauvage, totalement aux mains des lobbys divers et avariés dans un total déni de démocratie. Je désespère de mes contemporains qui avalent couleuvre après couleuvre et le tout en disant merci .

    des millions de français ont cette réaction, la réalité démontre le contraire, les français sont manipulables à souhait!!

  • Nos voisins allemands sont très forts pour gouverner leur pays avec des coalitions qui durent...Je n'ai aucun doute sur le 4ème mandat de Mme Merkel, même si l'usure du pouvoir après 12 ans de mandat lui pose quelques problèmes aujourd'hui...Terre-Neuve

  • l Allemagne se réveille il était temps!

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