Abroger "Obamacare", promesse de Trump, divise la majorité républicaine

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Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, le 22 juin 2017

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AFP, publié le jeudi 22 juin 2017 à 23h27

Les alliés de Donald Trump sont repartis à l'offensive jeudi pour tenter d'abroger partiellement "Obamacare", la loi emblématique sur la santé de Barack Obama. Mais des conservateurs ont immédiatement annoncé leur opposition, menaçant de torpiller la réforme.

Après un passage de justesse en mai dernier à la Chambre des représentants, le projet républicain de réforme du système de santé doit franchir l'obstacle du Sénat, où la majorité républicaine est mince, avec 52 sièges sur 100.

Or le texte adopté par la Chambre est "dur" voire "méchant", selon le terme employé par le président américain, qui avait pourtant apporté un soutien sans équivoque à l'époque.

Jeudi matin, les chefs républicains du Sénat ont donc dévoilé une version légèrement amendée, censée ramener au bercail les élus modérés hésitants. L'objectif est de voter en fin de semaine prochaine.

Mais quatre sénateurs conservateurs, dont Ted Cruz et Rand Paul, ont fait savoir que cette nouvelle mouture n'était guère qu'un "Obamacare light", puisque certains pans de la loi de 2010 survivraient, notamment des subventions. Ils se sont toutefois dits prêts à négocier.

Le projet supprimerait l'obligation de s'assurer instaurée par Obamacare, au nom de la liberté individuelle. Des impôts et taxes créés pour financer la loi de 2010 seraient abrogés. Et les aides fédérales au système de santé seraient progressivement réduites, notamment à partir de 2021 pour l'assurance publique destinée aux plus pauvres, Medicaid, qui assure un Américain sur cinq.

"Il est temps d'agir car Obamacare est une attaque contre la classe moyenne", a déclaré le chef de la majorité sénatoriale, Mitch McConnell, dénonçant le coût du système actuel.

"Obamacare est un désastre", a répété Donald Trump, en admettant qu'un peu de "négociations" était encore nécessaire.

- Réduire les coûts -

Des concessions ont été introduites pour décrocher le soutien des républicains modérés.

Il n'est plus question de permettre aux assureurs de faire payer plus aux personnes ayant des antécédents médicaux. Et les aides individuelles, bien que fortement réduites par rapport à Obamacare, le sont moins que ce que les républicains envisageaient au départ.

En revanche, nombre de réglementations actuelles disparaîtraient bel et bien, notamment l'obligation absolue et nationale de couvrir dix catégories de soins, dont la maternité ou l'hospitalisation. Pour les conservateurs, les assurés doivent pouvoir souscrire une couverture allégée, moins chère, s'ils le souhaitent, au lieu de payer pour des services dont ils n'ont pas besoin. C'est la condition, selon eux, pour faire baisser les coûts extravagants du système de santé américain.

Dans cette affaire, la négociation se déroule de facto entre républicains.

L'arbitre pourrait bien être le Bureau du budget du Congrès (CBO), qui doit estimer la semaine prochaine le nombre de personnes risquant de perdre leur couverture à cause de la réforme. Le CBO avait estimé que 51 millions de personnes de moins de 65 ans, sur 280, vivraient sans couverture en 2026 si la loi de la Chambre était adoptée... contre 28 millions d'aujourd'hui, un retour en arrière inacceptable pour les modérés.

Aux Etats-Unis, les plus de 65 ans sont couverts par une assurance publique (Medicare), et la moitié des Américains le sont par leur employeur. Les plus pauvres ont Medicaid, et le reste, entrepreneurs, salariés de petites entreprises ou encore clandestins, doivent s'assurer seuls. Obamacare les aidait à le faire.

Les démocrates, minoritaires, ne peuvent guère que dénoncer une réforme profitant aux plus fortunés, tandis que des millions de pauvres seraient boutés hors du gigantesque programme Medicaid, pilier de la protection sociale américaine dans le viseur de la droite.

"Cela donne une énorme baisse d'impôts aux riches, à l'industrie pharmaceutique et au secteur des assurances, sur le dos des soins de tout le monde", a dénoncé Barack Obama dans un long texte sur sa page Facebook.

En cas d'adoption, la Chambre et le Sénat devront harmoniser leurs versions, et revoter.

 
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