A Mossoul, des Irakiens fixés sur leur sort au pied d'une grande roue

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 Une famille de réfugiés irakiens à Mossoul le 16 juin 2017

Une famille de réfugiés irakiens à Mossoul le 16 juin 2017

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© AFP, MOHAMED EL-SHAHED
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AFP, publié le dimanche 18 juin 2017 à 11h12

La grande roue panoramique a depuis longtemps cessé de tourner. Mais le centre de contrôle installé à son pied voit défiler un flot constant d'Irakiens qui fuient la bataille de Mossoul, et détermine leur destin.

L'air hagard, des hommes assis sur des auto-tamponneuses de cet ancien parc d'attractions ou à l'ombre sur le sol attendent avec fébrilité que les officiers de l'armée appellent leur nom.

Le petit parc se trouve au bout d'un pont qui traverse le Tigre, seul lien physique entre les rives du fleuve dans la deuxième ville d'Irak.

"Tous ceux qui traversent vers la partie Est doivent passer par ici", assure le général Jabbar Moustafa, responsable du centre de contrôle.

"Il y a des tentes médicales pour les familles, les hommes doivent eux être contrôlés et les résultats confrontés à notre base de données avant qu'ils puissent entrer à Mossoul-Est", explique-t-il.

La plupart des arrivées récentes proviennent d'Al-Shifa, un quartier de la rive ouest de Mossoul
, où les forces irakiennes soutenues par la coalition internationale affrontent les derniers jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Certains hommes sont immédiatement désignés comme membres ou partisans de l'EI et sont mis à part, leurs mains attachées derrière le dos avec des menottes en plastique.

Ce jour là, figurent parmi eux deux Egyptiens rendus suspects par leur nationalité. Selon les officiers irakiens, la majorité des quelques centaines de jihadistes défendant leur dernière forteresse dans la vieille ville de Mossoul sont des étrangers.

Certains dans la foule proposent parfois des "informations" incriminant un ancien voisin ou innocentant un autre. L'un des deux Egyptiens a été décrit comme un sympathisant jihadiste tandis que l'autre, qui aurait travaillé pendant 30 ans comme boucher à Mossoul, a été libéré.

"Les étrangers de l'EI se battent jusqu'au bout mais leurs partisans irakiens se fondent dans la population", relève Salah Mohammed, qui a fui Al-Shifa la veille avant de repartir parce qu'il avait égaré sa carte d'identité.

"Il n'est pas difficile pour (les partisans de l'EI) de se glisser dans les failles d'un tel système de contrôle", estime-t-il, en grattant les restes de la barbe qu'il était forcé de porter sous le joug jihadiste.

- Aide des civils -

Selon le général Moustafa, 10 à 15 membres présumés ou sympathisants de l'EI sont arrêtés chaque jour dans le centre.

Non loin de là, des officiers et des membres du personnel médical tentent de comprendre la situation d'une mère muette, dont les six enfants paraissent sales et désemparés.

A l'aide du langage des signes, elle essaye d'expliquer ce qui est arrivé à son mari, en vain. Le prénom de son petit dernier de 18 mois, Abou Bakr, laisse le personnel penser que le mari a probablement prêté allégeance au chef de l'EI, Abou Bakr Al-Baghdadi. 

"Si les civils n'aident pas les forces de sécurité, elles ne peuvent pas savoir qui ils sont", explique le commandant Maan Mahdi de la 16e division de l'armée, admettant que le processus d'identification n'est pas infaillible. 

Mais le sort des déplacés n'est pas décidé à la légère, et la plupart des personnes sont passées au crible plusieurs fois, insiste-t-il.

Depuis huit mois, Mossoul est le plus important champ de bataille qu'ait connu l'Irak depuis des années, mais la population de la ville n'est jamais descendue sous le seuil d'un million.

La plupart des habitants de Mossoul-Est sont restés chez eux quand l'offensive a été lancée le 17 octobre et beaucoup sont déjà retournés dans les quartiers repris à l'EI à Mossoul-Ouest, malgré l'étendue des dégâts.

Même au plus fort des combats, les allers-retours des habitants n'ont jamais cessé. 

Près du centre de contrôle, l'hôtel de Ninive --réputé à Mossoul pour sa forme en pyramide tronquée-- est le témoin de l'histoire tumultueuse de l'Irak ces dernières années.

L'ancien dictateur Saddam Hussein logeait ses officiers dans l'établissement, considéré comme l'un des meilleurs hôtels du pays. L'EI s'en était emparé en 2014 et l'a rebaptisé "Warithine" (les Héritiers), l'utilisant pour sa propre élite.

Au cours des derniers mois, les forces spéciales françaises et américaines, ainsi que les combattants des unités d'élite irakiennes sont tous passés par là.

La bataille se joue maintenant dans l'ouest de Mossoul, de l'autre côté du Tigre, et l'hôtel est vide, en attendant ses prochains visiteurs.

 
1 commentaire - A Mossoul, des Irakiens fixés sur leur sort au pied d'une grande roue
  • C'est uniquement parce qu'il s'agit d'une personnalité politique connue qu'on a qualifié cette altercation, apparemment sans aucune violence physique, d'agression ayant occasionné un "traumatisme" crânien" dont on ne connait pas la gravité et le tractage de NKM sur un marché parisien de "mission de service public" afin de monter cet incident en épingle à cheveu et de la transformer en crime de lèse majesté (pour des raisons électorales ?).

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