A Mexico, les touristes échaudés par le séisme

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 Des sauveteurs, à la recherche de survivants,  lèvent le poing pour demander le silence, le 23 septembre 2017 dans le quartier de Colonia Roma, à Mexico

Des sauveteurs, à la recherche de survivants, lèvent le poing pour demander le silence, le 23 septembre 2017 dans le quartier de Colonia Roma, à Mexico

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© AFP, PEDRO PARDO
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AFP, publié le dimanche 24 septembre 2017 à 10h28

Le tourisme dans la capitale mexicaine a subi un coup d'arrêt brutal après le séisme meurtrier de mardi, provoquant des milliers d'annulations dans les hôtels des quartiers d'ordinaire prisés des voyageurs étrangers.

Dès vendredi, trois jours après cette forte secousse qui a démoli des dizaines de maisons et immeubles à Mexico, les jeunes "hipsters" ont doucement repeuplé les rues et terrasses des quartiers à la mode de Condesa et Roma, mais le tremblement de terre était encore dans toutes les têtes et ses stigmates bien voyants.

Quelques cafés et restaurants avaient rouvert leurs portes, offrant boissons et nourriture aux sauveteurs, policiers et soldats déployés autour des bâtiments en ruines du quartier, mais la plupart des établissements demeuraient portes closes. 

Quand aux touristes étrangers, très férus des galeries d'art et boutiques de ces quartiers, ils étaient tout simplement invisibles, beaucoup ayant écourté ou annulé leur séjour. 

- Cascade d'annulations -

Les rares touristes n'ayant pas déserté, comme Magali Ricocé, une Française de 36 ans venue pour la première fois à Mexico pour rendre visite à des amis, se remettaient à peine du choc qui les a surpris au milieu de l'après-midi.

"A un moment donné, je me suis dit que nous allions mourir avec mon amie et son enfant", raconte-t-elle à l'AFP, avouant avoir vomi plusieurs fois le lendemain à cause du stress.

Placée dans un logement temporaire, Magali admet ne "plus être en mode vacances. Je suis plutôt en mode: +Je suis contente d'être en vie+".

"J'ai croisé des touristes qui sortaient des hôtels avec leurs valises. Ils allaient directement rentrer chez eux. Je peux comprendre leur réaction, mais moi je n'ai pas eu celle-là", ajoute-t-elle, affirmant son intention de revenir très prochainement.

Dans les hôtels alentour, l'exode des touristes et l'avalanche d'annulations a déjà un impact sur les affaires.

Erick Vargas, gérant de la réception de l'hôtel City express, pourtant épargné par la secousse, avoue avoir "enregistré de nombreuses annulations", illustrant la tendance dans ces quartiers. 

L'hôtel était complet, mais lorsque la nouvelle du séisme a parcouru la planète mardi, 300 nuits de réservations se sont volatilisées, soit un manque à gagner immédiat de près de 40.000 dollars qui risque de doubler si cette désaffection se confirme.

Erick est lui-même sans logement puisque que son immeuble à Roma est situé près d'un bâtiment jugé instable. "Je n'ai pas eu le droit de rentrer", raconte-t-il, expliquant vivre depuis à l'hôtel en compagnie de son co-locataire et son chien.

 - Un 'semblant' de vie -

Les propriétaires du Bubba Tea & Co., à Roma, ont été convaincus de rouvrir par les riverains après avoir hésité à rester fermé en forme de deuil. Ils distribuent des repas gratuits aux militaires.

"C'est un moyen de leur venir en aide (...) de leur donner un semblant de retour à la vie", explique Ingrid Gonzalez-Gracida, qui gère l'établissement avec son mari.

Quant aux touristes étrangers, "je ne sais pas où ils sont passés, confie-t-elle, ils ont peur, j'espère qu'ils vont revenir".

Enrique de la Madrid, secrétaire au tourisme du Mexique, entend relever ce défi. 

Il a confié à la revue Travel Weekly que l'"infrastructure (hôtelière) avait été globalement épargnée", et son bureau a déjà programmé le lancement d'une nouvelle campagne publicitaire dès lundi.

"Nous avons conclu qu'il est plus important que jamais d'informer tout le monde que nous sommes encore debout. Si les gens se demandent comment aider le Mexique, la réponse est d'y venir", exhorte M. de la Madrid.

 
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