A Kaboul, au "1 Rue Sésame", un nouveau personnage admire sa soeur

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 La marionnettiste Sima Sultani tient Zeerak, dernier-né de la version afghane du dessin animé "1, rue Sésame", lors de l\

La marionnettiste Sima Sultani tient Zeerak, dernier-né de la version afghane du dessin animé "1, rue Sésame", lors de l'enregistrement d'une émission de télévision, le 2 juillet 2017 à Kaboul, en Afghanistan

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© AFP, WAKIL KOHSAR
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AFP, publié le mardi 04 juillet 2017 à 09h39

A quatre ans, il porte un gilet brodé aux couleurs de l'Afghanistan et des lunettes d'intello cerclées de noir. Surtout, Zeerak, dernier-né de la version afghane du dessin animé "1, rue Sésame", adore sa grande soeur qu'il rêve de rejoindre sur les bancs de l'école.

La marionnette du petit garçon est un nouveau pari pour les producteurs de "Baghch-e-Simsim", véritable carton télé et radio qui capte 80% de l'audience chez les moins de 7 ans. Après l'apparition d'une fille, Zari, l'an dernier, Zeerak est le deuxième personnage autochtone à rejoindre les stars internationales de la série éducative américaine: Ernest et Bart, Grover ou Elmo...

"Zeerak est un gamin de 4 ans qui aime sa soeur et rêve d'aller à l'école", le présente Massoud Sanjer, directeur de la chaîne de télévision Tolo qui diffuse pour la sixième saison cette émission, la seule dédiée aux enfants afghans. 

Zeerak, relève-t-il, signifie "intelligent, malin", que ce soit en dari ou en pachtou, les deux langues officielles d'Afghanistan et de diffusion de la série. Que Zeerak admire sa soeur dont il fait son modèle n'a rien de fortuit.

"Une étude en janvier 2017 a montré que les parents aussi regardent l'émission. Dans un pays conservateur comme l'Afghanistan, en particulier dans les provinces, on veut montrer qu'envoyer ses enfants à l'école profite à tout le monde, à la famille, à la société, au pays tout entier", reprend-il. 

- Une série d'ici - 

Seize ans après la fin du régime taliban, le message doit être martelé dans les milieux les plus rigoristes. Avec la pauvreté et l'insécurité, l'éducation des filles marque de nouveau le pas depuis 2012.

Selon un rapport du Centre statistique d'Afghanistan publié l'an dernier, seules 37% des filles de 15 à 24 ans savent lire et écrire, contre 66% des garçons. A peine 45,5% des Afghanes fréquentent une école primaire et 27% une école secondaire. 

Les costumes de Zeerak et de Zari ont été choisis pour incarner leur pays. "Avec les personnages locaux, on aide les familles à s'approprier l'émission. Elle devient un divertissement afghan, pas une série étrangère", insiste Massoud Sanjer.

Zeerak arbore le traditionnel "shalwar kamiz", chemise et pantalon flottants, sous un gilet brodé de noir, vert rouge et or, comme le drapeau. Et des lunettes pour lutter contre les préjugés, explique la productrice Wajiha Saidy: "C'est très mal vu parmi les enfants afghans de porter des lunettes, nous voulions aborder le sujet".

Zari porte la blouse bleue des écolières et leur foulard blanc. "A six ans, elle n'est pas obligée d'être voilée, mais c'est ainsi que sont habillées les écolières" note le producteur-exécutif en plateau, Jawed Taiman. A la prochaine séquence, Zari apparaîtra d'ailleurs tête nue. "Nous essayons de coller à la réalité".

- Version télé et radio -

L'étude commandée par Tolo en janvier auprès de 1.500 enfants a montré une adhésion au programme de 80% des spectateurs, avec Zari pour personnage préféré.

Comme seulement 60% de la population a accès à la télévision, Baghch-e-Simsim se produit aussi à la radio, via 44 stations FM, indique le Dr Anwar Jamilli, responsable de la diffusion non télévisée du programme.

Celui-ci organise également de petits théâtres mobiles qui se déplacent en zone rurale, et il estime avoir touché ainsi près de 20.000 enfants l'an dernier, sans avoir jamais essuyé de refus de la part des écoles ni des parents.

Conscients que les petits Afghans sont confrontés à la violence et la guerre, il "évite tous les sujets négatifs: on insiste sur le partage, l'amitié... C'est très nouveau pour les enfants afghans", assure-t-il.

Sur le plateau, les gamins excités se ruent pour embrasser leurs héros de chiffons, sans un regard pour Sima et Mansoura, les deux jeunes filles qui leur prêtent vie et voix.

 
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