Les papillomavirus sont responsables d’infections sexuellement transmissibles et de cancers du col de l’utérus. Mais ces virus peuvent aussi être à l’origine de cancers buccopharyngés. En effet, les sujets infectés par les HPV (notamment la souche 16) voient leur risque de cancer oropharyngé 32 fois supérieur à celui du reste de la population (1). Autrement dit, un risque bien supérieur à celui attribué au tabagisme… Le risque de cancer de la bouche serait multiplié par 8 en cas de rapports buccogénitaux avec plus de six partenaires dans sa vie, a indiqué le Dr Maura Gillison à l'Assemblée annuelle de l'Association américaine pour la promotion de la science. Il est donc important de se préoccuper de l’évolution de telles pratiques sexuelles, dans un but préventif, d’autant plus que fellations et cunnilingus sont considérés, notamment chez les jeunes, comme moins risqués que l’acte sexuel conventionnel.
Or ces pratiques sexuelles ont progressé, parallèlement à l’augmentation de l’incidence des cancers buccaux : aux Etats-Unis, « les cancers de la cavité buccale et de la gorge se sont accrus de 225% entre 1974 et 2007, dont une grande partie chez des personnes ayant des rapports buccogénitaux ».
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Les cancers de la bouche restent des cancers rares, et qui sont le plus souvent guérissables (avec des taux de 90%) quand ils sont dépistés tôt. Par ailleurs, sachant qu’il existe désormais des vaccins contre les papillomavirus, les cas de cancers oropharyngés pourraient diminuer, tout comme les cancers du col de l’utérus. Dans tous les cas, d’autres études sont nécessaires avant d’affirmer que certains comportements sexuels sont liés aux infections sexuellement transmissibles.
Un tel risque doit être connu, mais il faut bien garder à l’esprit qu’il s’agit de cancers rares. En matière de pratiques sexuelles, les virus du sida et de l'hépatite B restent les plus redoutables dont il faut absolument se prémunir. Le port du préservatif est l’unique moyen de prévention dont nous disposons.
