le talk orange - le figaro

L'actualité en interview et vidéo

mardi 7 février 2012

Interview vidéo de

Laurent Hénart

Député UMP de Meurthe-et-Moselle, secrétaire général du Parti radical

Hénart prédit une "recomposition politique"

Pour le secrétaire général des radicaux, "la droitisation d'une partie de l'UMP oblige ses modérés à revoir complètement leur position".

Laurent Hénart n'a aucun doute: le ralliement de Jean-Louis Borloo à Nicolas Sarkozy, après que le président aura annoncé sa candidature, ne sera qu'une question de jours. Invité hier du "Talk Orange-Le Figaro", le secrétaire général du Parti radical n'a émis en fait qu'un souhait: voir "une centaine de députés élus à la proportionnelle demain". Enfin, "demain", c'est une façon de parler. Pour les prochaines législatives, en juin, "ça va être compliqué, précise-t-il, mais, en tout cas, il faut en prendre l'engagement et le faire". D'après lui, Jean-Louis Borloo a pu apprécier les "qualités" de Nicolas Sarkozy "notamment en période de crise". Si le futur candidat de l'UMP consent à cette modification du mode de scrutin, le soutien des radicaux, leur président compris, lui sera donc acquis."Quand on voit le débat autour des signatures de Marine Le Pen, précise Laurent Hénart, on sent bien qu'il y a un malaise à ne pas représenter dans la vie politique nationale certains courants, même si on en exècre les valeurs et les idées, ce qui est mon cas pour le Front national." Mais le FN est loin d'être le seul à revendiquer l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives. Le député radical de Meurthe-et-Moselle envisage cette réforme comme un moyen de s'émanciper davantage d'une UMP dont la "droitisation" le rebute.Laurent Hénart "espère" que, par exemple, les déclarations de Claude Guéant sur les vertus comparées des civilisations ne visent pas à séduire l'électorat FN. Mais il se dit convaincu qu'"à un moment donné la droitisation d'une partie de l'UMP" obligera ses "modérés" à "revoir complètement leur position". Selon le député radical, "des gens dans l'UMP voudront bouger" , "avec la recomposition politique qui est inévitable, quel que soit le résultat de la présidentielle". Il s'imagine déjà en avant-garde de "la force centrale de premier plan" qui, il en est sûr, va se constituer.Le tout, c'est de choisir son moment. Jean-François Copé a fait "réserver" les circonscriptions des sortants radicaux qui n'ont pas encore officialisé leur ralliement. Mais l'étiquette UMP sera-t-elle un plus aux législatives? "C'est très difficile à dire, répond Laurent Hénart. Ça va dépendre non pas tellement du score de Nicolas Sarkozy, mais de comment l'UMP va se positionner." "Je suis élu à Nancy, rappelle-t-il, dans un territoire qui est très modéré de tradition, attaché à un équilibre entre les droits, la reconnaissance des différences, le respect à la personne, une part importante de cohésion sociale, et pas seulement de performance économique. Et plus l'UMP se droitise, plus je dois camper sur mes valeurs."

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