jeudi 7 juillet 2011
Interview vidéo deAncien Premier ministre, député PS de Seine-Maritime
Fabius se veut le premier soutien de la candidate Aubry
Invité du «Talk», l'ancien premier ministre estime que la première secrétaire a «une densité qu'on ressent».
Il faut passer l'affaire Strauss-Kahn. Laurent Fabius ne veut pas en parler, ou alors en dire le moins possible. «Il y a tellement de gens qui s'expriment sans savoir», regrette l'ancien premier ministre, qui était l'invité du «Talk Orange-Le Figaro». Sans doute que lui sait. Le député de Seine-Maritime est en effet l'un des rares à pouvoir être en contact avec l'ancien patron du FMI. Et s'il ne raconte pas leurs discussions amicales, il confie un sentiment: la présidentielle et la primaire socialiste, «ce n'est pas l'état d'esprit dans lequel il peut se trouver». Manière pudique de dire que le retour politique de DSK n'est pas à l'ordre du jour. Laurent Fabius n'en dira pas plus. «J'aimerais qu'on se concentre sur les sujets sur lesquels on a prise», suggère-t-il. L'une des préoccupations, aujourd'hui, de Laurent Fabius, est de permettre à sa candidate, Martine Aubry, de remporter la primaire. «Elle a trois forces, estime-t-il. Elle a une densité qu'on ressent. C'est une femme qui dit oui, qui dit non, pas peut-être.» En creux, c'est l'un des défauts attribués à l'ancien premier secrétaire François Hollande qu'il souligne. «Elle a une capacité à rassembler», assure-t-il, en faisant remarquer qu'elle y parvient «y compris avec des centristes dans sa ville». C'est une correction apportée à l'image de femme marquée à gauche qui colle à la maire de Lille, ministre des 35 heures. Enfin, «le fait qu'une femme puisse devenir la première présidente de la République, c'est un changement très important», pense-t-il. Comme Ségolène Royal, en 2007, il mise sur l'impact de ce changement visible. Il pense aussi que les coups de la droite seront moins durs contre elle. Laurent Fabius a également été chargé de préparer la feuille de route de la première année de la gauche en 2012, si le PS l'emporte. Il devrait remettre son rapport en octobre, mais pas forcément le rendre public, pour laisser une marge de manoeuvre au candidat désigné lors de la primaire. Si lui assure travailler avec toutes les tendances du PS, les prétendants ne sont pas tous aussi disposés à reprendre son travail tel quel. Ségolène Royal fait remarquer qu'elle ne l'a pas rencontré pour en parler. Quant à François Hollande, il considère toujours son adversaire historique au PS avec méfiance... Les temps seront durs, prévient Laurent Fabius. Lui-même reconnaît que la feuille de route qu'il trace pourra être remise en question par le contexte de l'année prochaine, suivant que la situation économique s'améliore ou pas. En tout cas, il affirme ne pas se préparer au poste de premier ministre si la gauche gagne. «Je suis l'un des rares à ne rien demander», plaisante-t-il en faisant observer qu'il a occupé tous les postes à responsabilités. Presque.
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