le talk orange - le figaro

L'actualité en interview et vidéo

mercredi 20 avril 2011

Interview vidéo de

Arnaud Montebourg

Député PS de Saône-et-Loire

Montebourg veut une mesure d'éloignement pour Guérini

Invité du Talk, le député PS de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg estime que "dans le système Guérini, le pouvoir et l'argent se sont associés".

"Quasi mafieux", mais "sans les morts". Arnaud Montebourg ne fait pas dans la nuance quand il parle du PS des Bouches-du-Rhône. Les pratiques que décrit aujourd'hui le député de Saône-et-Loire, héraut de la rénovation au PS depuis près de quinze ans, sont graves : "clientélisme", "intimidation"... Depuis longtemps, cette fédération, parmi les principales du PS, est considérée comme un bastion à part. Mais depuis quelques années, le système se serait aggravé, à en croire Arnaud Montebourg. Le député de Saône-et-Loire accuse même le président du conseil général Jean-Noël Guérini de "complicité" avec son frère Alexandre Guérini, mis en examen dans le cadre d'une affaire de marchés publics frauduleux. La fédération, contrôlée par Jean-Noël Guérini, est "utilisée" dans le cadre d'un "système de domination" au service de quelque chose qui "n'a rien à voir avec le socialisme et ses valeurs", a renchéri Arnaud Montebourg, invité du "Talk Orange-Le Figaro". Arnaud Montebourg a renouvelé ses accusations mercredi matin devant les membres de la commission d'enquête du PS, mise en place pour examiner les pratiques dans ce département. Installée à la demande de la fédération incriminée, présidée par l'ancien ministre de la Défense Alain Richard, la commission doit rendre ses conclusions avant le 20 juin. Jean-Noël Guérini, l'homme fort du PS local, doit être entendu le 27 avril. Il a d'ores et déjà dénoncé les accusations "mensongères" et porté plainte en diffamation contre Montebourg. "Je fais toute confiance à la commission pour établir la vérité des faits", a expliqué Arnaud Montebourg à l'issue de son audition. "La gauche ne peut pas se permettre d'enterrer ses propres affaires politico-financières, quand elle les reproche à la droite". Cette affaire, il l'a lui-même lancée en réalisant un rapport sur les "dérives" de la fédération, révélé en pleine campagne des cantonales. Un rapport sévèrement critiqué par la première secrétaire Martine Aubry qui le juge "vide" de preuves. Au sein de la direction du PS, on souligne plutôt qu'Arnaud Montebourg est candidat aux primaires et qu'il veut faire parler de lui : "Ce n'est pas très constructif", dit-on. "Il est toujours très individualiste". "Je ne veux pas être un procureur, je considère comme normal ce que j'ai fait", se justifie Montebourg en s'étonnant du silence de Martine Aubry. Devant les membres de la commission, Arnaud Montebourg a aussi formulé des propositions radicales : "mise sous tutelle de la fédération" et "mesure d'éloignement à l'égard de Jean-Noël Guérini pour protéger le parti". On n'en est pas encore là. "Prononcer la sentence avant même que l'enquête soit faite, c'est curieux de la part d'un juriste", s'étonne François Lamy, le bras droit de Martine Aubry. Dans le cadre de sa campagne pour les primaires du PS, Arnaud Montebourg a prévu de se rendre dans les Bouches-du-Rhône. Il ne craint pas l'accueil. "Les militants ont le droit d'avoir un parti honnête et sain", dit-il. Localement, des voix s'élèvent désormais pour contester le pouvoir de Jean-Noël Guérini. "On est au paroxysme du pouvoir personnel", a regretté fin mars Patrick Mennucci. L'élu marseillais prépare déjà l'après.

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