mercredi 6 avril 2011
Interview vidéo deAncien ministre, président du Nouveau Centre et député de l'Eure
Morin invite Borloo à "couper les liens avec l'UMP"
Pour le chef du Nouveau Centre, "l'évolution politique" du gouvernement impose une rupture.
La confédération des centres, Hervé Morin veut toujours y croire, même si Nicolas Sarkozy accentue sa pression sur les centristes pour les dissuader de présenter un candidat en 2012. Invité mercredi du "Talk-Orange-Le Figaro", le patron du Nouveau Centre a expliqué que son objectif, "aujourd'hui plus que jamais, compte tenu de l'évolution du gouvernement et de l'UMP", était que les centristes, mais aussi "les radicaux, les libéraux, les gaullistes sociaux et La Gauche moderne", soient "en mesure de porter un projet politique alternatif à celui de l'UMP" en 2012. Objectif qui, selon lui, "implique bien entendu pour Jean-Louis Borloo de couper les liens avec l'UMP". Le président du Parti radical fait sa grande rentrée médiatique jeudi soir sur France 2. Son homologue du NC va écourter l'étape rennaise de son tour de France pour être sur le plateau d'"A vous de juger". Pour avoir parlé de l'émission avec Borloo, il pense qu'elle constituera une étape vers l'émancipation du Parti radical, même s'il n'a pas voulu s'avancer, rappelant simplement: "Jean-Louis Borloo a convoqué un congrès du Parti radical en mai, j'imagine que c'est pour lui proposer de couper les liens avec l'UMP, donc j'imagine que demain [jeudi], il abordera ce sujet." Préparer les conditions d'une candidature centriste autonome en 2012 n'empêche pas Hervé Morin de penser aux sénatoriales de septembre prochain. Le Nouveau Centre a investi une première série de "chefs de file" dans une quinzaine de départements. Là où il a des sortants, comme Yves Pozzo di Borgo à Paris, où pour avoir des sénateurs supplémentaires, comme Hervé Marseille dans les Hauts-de-Seine, il espère faire des listes communes avec l'UMP. N'y a-t-il pas contradiction à jouer l'union aux sénatoriales et la concurrence à la présidentielle? Le patron du NC s'en défend. "L'UMP aussi a besoin de nous", a-t-il affirmé à propos des sénatoriales, avant de justifier sa stratégie pour 2012 par la volonté de construire "une démocratie équilibrée", "c'est-à-dire le contraire de ce que l'on vit depuis 2002, un parti unique qui détient l'ensemble des postes et des pouvoirs en France". Au-delà de la querelle sur les postes et les pouvoirs, l'ex-ministre de la Défense revendique des divergences de fond avec Nicolas Sarkozy et l'UMP. Il considère que la convention sur la laïcité organisée par le parti présidentiel était "inutile" et "stigmatisante". Selon lui, "tirer des conséquences sur l'ensemble de la communauté musulmane" parce qu'il y a "quelques centaines ou quelques milliers d'intégristes", c'est "nourrir l'ignorance, qui amène au doute entretenu chez un certain nombre de nos compatriotes" sur la compatibilité entre l'islam et la République. Hervé Morin s'en est pris plus particulièrement au ministre de l'Intérieur Claude Guéant, se demandant ce qui l'avait "empêché d'appliquer la loi" quand il était directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, puis secrétaire général de l'Élysée. "Quand il y a des prières dans la rue, a-t-il assuré, rien de plus simple que de passer un coup de fil au préfet de police et de lui demander de faire ce qu'on ferait pour quiconque bloquerait une rue." Judith Waintraub
réagissez à l'interview