lundi 21 mars 2011
Interview vidéo deMinistre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration
Guéant relativise les résultats du PS et de la droite
Le ministre de l'Intérieur s'en tient à "la réalité des chiffres" présentés dimanche soir.
"Ce qu'on m'a reproché, c'est de ne pas additionner les voix de la gauche. Je ne m'y sentais pas autorisé, compte tenu des dissensions au sein de la gauche." Invité du "Talk Orange-Le Figaro", le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a défendu la présentation qu'il avait faite dimanche soir des résultats du premier tour des cantonales. Cette présentation, qui consistait à additionner les voix à droite d'un côté mais pas celles de la gauche de l'autre, a été très critiquée par le PS et le FN. Mais comment le ministre aurait-il pu ajouter les voix du Parti socialiste à celles du Front de gauche alors que ce parti "aura un candidat contre le PS" en 2012 et qu'il "attaque le PS de façon virulente" ? Le ministre préfère s'en tenir à "la réalité des chiffres", auxquels "on fait dire n'importe quoi". Pour les "faire parler", il compare les résultats de dimanche avec ceux des régionales de 2010 qui avaient connu un taux de participation proche de celui de dimanche et de ceux des cantonales de 2004. Conclusion de Guéant : la gauche et le PS ont reculé. "Ce n'est pas le triomphe qui est annoncé", souligne le locataire de Beauvau. Guéant admet que l'UMP a perdu quatre points par rapport aux cantonales de 2004 et que le FN progresse de "trois points", quelles que soient les comparaisons. Comment expliquer cette percée ? "Ceux qui se réfugient dans les bras du FN ont le sentiment que les partis de gouvernement ne se préoccupent pas suffisamment de leurs problèmes de tous les jours", analyse Guéant. La politique conduite depuis 2007 est-elle alors un échec ? "Je pense, en tout cas, que c'est un appel. Je crois qu'il faut prendre ce problème à bras-le-corps." Notamment en luttant contre l'immigration clandestine et en s'attaquant aux problèmes de sécurité. "Les Français ont le sentiment qu'un excès d'immigration, une immigration irrégulière, non désirée, les trouble, les ennuie", a dit le ministre. "Si nous persistons à nier des réalités qui sont évidentes aux yeux de nos concitoyens, nous préparons le lit des extrêmes." L'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy à l'Élysée est également revenu sur la situation en Libye et la mise en oeuvre contestée de la résolution adoptée la semaine dernière aux Nations unies. La Ligue arabe ne va pas se désolidariser de l'alliance, a assuré Guéant. Il a tenu à rendre hommage à Nicolas Sarkozy : "Tout le monde se rend bien compte que, heureusement, il était là. Tout le monde s'apprêtait à contempler à la télévision les massacres commis par Kadhafi. Heureusement, le président a pris la tête de la croisade." Anne Rovan
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