lundi 28 février 2011
Interview vidéo deAncien Premier ministre, sénateur UMP de la Vienne
Raffarin veut un "nouvel élan" pour 2012
L'ex-premier ministre demande un renforcement de la politique économique et sociale, clé de la victoire.
L'ancien premier ministre est satisfait. Mais pas comblé. La semaine dernière, Jean-Pierre Raffarin avait une nouvelle fois plaidé pour une "relance politique" qui pouvait s'incarner dans "un remaniement". Avec les changements opérés ce week-end, Nicolas Sarkozy a-t-il répondu aux attentes du sénateur de la Vienne? "En grande partie", tempère-t-il au "Talk Orange-Le Figaro". "Je pense qu'il était important de redonner confiance en notre diplomatie, de trouver un bon successeur au ministère de la Défense, que l'on puisse avoir un pôle régalien puissant", explique-t-il. Et, surtout, il se montre très satisfait de l'intervention du président: "Bonne intervention, bonnes décisions", résume-t-il. Mais, parce qu'il y a un "mais", "il y avait dans ma demande la volonté d'engager un acte II du quinquennat", souligne Raffarin. Et pour cela, il ne voit qu'une solution: "Le gouvernement doit renforcer son pôle économique et social." "Plus nous avancerons vers la campagne présidentielle, plus les questions d'emploi, de santé, de revenus, de pouvoir d'achat seront au c?ur des débats, met-il en garde. Pour l'élection nouvelle, il nous faut un élan nouveau." Si Raffarin a des doutes sur la stratégie, il n'en a aucun sur le candidat. "Par son tempérament, sa dynamique", Sarkozy est "le meilleur candidat", explique-t-il. "Et c'est un principe de la Ve République: il n'y a pas d'adversaire, dans le camp du président, contre le président." Pour Raffarin, le départ de Michèle Alliot-Marie est une "tristesse". "Il y a un moment, on devient le symbole nécessaire d'un changement et c'est ce en quoi la politique est d'une extraordinaire violence", explique l'ancien premier ministre, démis de ses fonctions au lendemain du référendum sur la Constitution européenne en 2005. À propos des rumeurs qui le donnaient entrant au gouvernement, Raffarin est catégorique: "Je n'ai jamais personnellement envisagé d'appartenir à un gouvernement de ce quinquennat." Mais quand on lui demande si Sarkozy lui a proposé un poste, la réponse est plus ambiguë: "Pas directement à cette occasion" élude-t-il. La nomination de Gérard Longuet à la Défense est "une très bonne nouvelle", que Raffarin met sur le compte d'une "ouverture", la famille libérale n'étant plus représentée au gouvernement depuis le départ d'Hervé Novelli. Mais, parce qu'il y a encore un "mais", il ne faut pas s'arrêter là. "Le compte n'y est pas mais j'attends les prochains secrétaires d'État pour que le compte y soit complètement", précise-t-il en pensant à la famille centriste. En attendant, le poste de président du groupe UMP au Sénat est à pourvoir. Et Raffarin a une idée sur le profil à rechercher: "Un visage nouveau, le renouvellement des équipes seraient un atout pour les sénatoriales de septembre". Un portrait qui ne cadre pas tout à fait avec la candidature de son collègue marseillais Jean-Claude Gaudin.
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