vendredi 25 février 2011
Interview vidéo deAncienne secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme
Débat sur l'islam, les reserves de Rama Yade
Si l'UMP s'en tient "à une ligne conservatrice", "notre candidat de la majorité ne pourra pas gagner", explique l'ancienne ministre.
Nouvelle recrue du Parti radical de Jean-Louis Borloo, Rama Yade ne cesse de marquer sa différence avec l'UMP de Jean-François Copé. Invitée du "Talk Orange-Le Figaro", elle s'inquiétait hier: "Que sont devenus les débats sur les 35 heures ou la fonction publique? Rien! On a fait flipper tout le monde pour pas grand-chose." Forte de cette expérience, l'ancienne ministre appréhende le débat lancé par le président de la République et l'UMP sur la laïcité et l'islam. "Ce qui me gène, c'est que ce soit le FN, à travers son interpellation sur les prières dans la rue, qui ait soulevé ce problème et nous on suit derrière. La méthode Sarkozy de 2007 c'était l'inverse", déplore-t-elle. "Pourquoi débattons-nous là où il faudrait agir puisque nous sommes au pouvoir?", s'interroge-t-elle, présageant que Marine Le Pen au final "sortira les marrons du feu". "Aile humaniste"D'ailleurs, "le débat commence mal": "Je refuse l'assignation à résidence identitaire, le statut religieux, explique-t-elle. Alors qu'on fait un débat sur la laïcité, on emploie des mots contraires à la laïcité et aux principes de la République." Et elle refuse également toute modification de la loi 1905, "loi sacrée". Le débat sur l'islam est à ses yeux le révélateur d'une UMP pas assez attentive à son aile gauche. Un dysfonctionnement qui pourrait conduire à une candidature autonome en 2012."Les radicaux n'auront pas besoin d'envoyer un candidat à la présidentielle si l'UMP prend en compte l'aile humaniste de la majorité, précise-t-elle. Aujourd'hui le compte n'y est pas encore." "Notre candidat de la majorité ne pourra pas gagner sans marcher sur ses deux jambes, prévient-elle. On ne peut pas s'en tenir uniquement à une ligne conservatrice." D'ici là, pas question pour elle de retourner au gouvernement: "Je viens de sortir du gouvernement, je n'imagine pas et je ne cherche pas à rentrer au gouvernement."
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