mercredi 16 février 2011
Interview vidéo deSénateur centriste de la Mayenne et président de la commission des Finances
Sarkozy encourage le trio Borloo-Morin-Arthuis mais fixe une ligne rouge aux centristes de l'UMP
La confédération des centres doit voir le jour mi-avril, mais ses futurs dirigeants, qui se sont vus mardi soir, sont toujours divisés sur la stratégie à adopter pour la présidentielle.
Y aller ou pas ? Invité "par Jean-Louis Borloo et Laurent Hénart", précise Marc-Philippe Daubresse, à participer à la mise en chantier de la confédération du centre, le chef de file des centristes de l'UMP a pris la précaution de sonder Nicolas Sarkozy. Il a profité du petit déjeuner des dirigeants du parti présidentiel à l'Élysée, lundi, pour obtenir son feu vert. Il a reçu des encouragements assortis d'un avertissement : "Oui à la diversité, oui aux débats, mais ceux qui provoqueront la division me trouveront sur leur route", a prévenu le chef de l'État. Il a rappelé la "ligne rouge" : "Les centristes de l'UMP restent à l'UMP." Selon lui, "si on multiplie les sous-partis, les sous-groupes, alors on aura une sous-représentation, et donc la défaite". C'est donc muni de cette "feuille de route" que Marc-Philippe Daubresse, accompagné de Pierre Méhaignerie et d'autres gradés centristes de l'UMP, s'est rendu mardi soir à la réunion prévue entre Jean-Louis Borloo, président du Parti radical, Hervé Morin (Nouveau Centre), Jean Arthuis (Alliance centriste) et Jean-Marie Bockel (Gauche moderne). L'entourage d'Hervé Morin jure qu'il ne s'attendait pas à ce débarquement en force de l'UMP. Laurent Hénart, secrétaire général du Parti radical, affirme au contraire que "tout le monde était prévenu". Un désaccord mineur, comparé aux divisions qui règnent chez les centristes sur la stratégie à adopter en 2012. "On est d'accord pour se coordonner et pour poser les bases d'un projet plus humaniste à l'intérieur de la majorité" à "deux conditions", pré cise Marc-Philippe Daubresse : "Primo, on reste dans notre port d'attache UMP et on honore jusqu'en 2012 le contrat qu'on a passé avec Nicolas Sarkozy ; secundo, cette confédération, qui ne sera pas un parti, s'inscrira clairement dans la majorité présidentielle." "Comment une confédération dont un parti intitulé Gauche moderne serait membre pourrait-il être ancrée à droite ?", interroge Jean Arthuis. Invité mercredi du "Talk Orange-Le Figaro", le président centriste de la commission des finances du Sénat a rappelé qu'il était, avec Hervé Morin, à l'origine de l'idée de confédération. "Voilà que, subitement, Jean-Louis Borloo, Pierre Méhaignerie et les centristes de l'UMP manifestent un désir de centre, s'est-il réjoui. Prenons quelques semaines pour parler, pour mettre sur la table nos idées, pour esquisser un projet centriste." Arthuis veut croire que Borloo "partage la conviction" qu'un centriste doit se présenter à la présidentielle. "Peut-être qu'il a la sagesse de penser qu'avant d'avoir un candidat, il faut un projet", a-t-il suggéré pour expliquer que l'ex-ministre de l'Environnement ne se soit pas encore prononcé sur le sujet. Le sénateur de la Mayenne est d'autant plus indulgent qu'il est lui-même en opposition avec les autres centristes sur l'attitude à adopter vis-à-vis de François Bayrou. "Nous devons être ouverts à tous les centristes", a-t-il répété mercredi. Ces divergences peuvent-elles s'aplanir ? "Nous avons dit mardi soir que nous nous donnions deux mois, a annoncé Jean Arthuis. C'est dans la deuxième quinzaine d'avril que le pas décisif doit être accompli." Ou pas, si les sensibilités centristes échouent à s'entendre sur la rupture avec l'UMP, préalable incontournable à une candidature centriste en 2012. Judith Waintraub
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