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jeudi 27 janvier 2011

Interview vidéo de

Bernard Debré

Député UMP de Paris

Conflits d'intérêts : Bernard Debré souhaite éviter une "loi de circonstance"

Le député UMP de Paris, chargé d'une mission sur le Mediator, veut "couper les liens d'intérêts" entre experts, laboratoires et agences.

Bernard Debré n'est pas très favorable à une "loi de circonstance" pour prévenir les conflits d'intérêts. Le député UMP de Paris, qui était l'invité du "Talk Orange-Le Figaro", estime qu'il "faut remettre les pendules à l'heure", mais plutôt à travers un code de déontologie. Bernard Debré "adhère en partie" aux propositions du rapport Sauvé, mais il le juge "très conjoncturel" dans la mesure où il est censé tirer les leçons de l'affaire Woerth-Bettencourt. Tout en réclamant "une transparence complète", Debré juge que le rapport "va trop loin sur les connivences" supposées entre parents, époux, grands-parents. "On n'est pas responsable de ce que font nos enfants", explique-t-il. De même, il juge "un peu exagérée" une autre proposition du rapport qui veut interdire à un ministre d'exercer une fonction exécutive locale. En revanche, le professeur d'université et médecin urologue souhaite que les parlementaires soient "traités comme des citoyens normaux". "N'importe quel citoyen peut être élu (au Parlement) mais ce n'est pas parce qu'on est élu que l'on bénéficie d'un passe-droit pour devenir professeur de médecine ou avocat", insiste-t-il. Une mise en garde qui concerne de nombreux députés, de droite comme de gauche, qui ont prêté serment après avoir été élus députés. Tel son ami Jean-François Copé (UMP), mais aussi Noël Mamère (Verts) ou Christophe Caresche (PS). Chargé par Nicolas Sarkozy d'une mission sur la réforme du médicament, Bernard Debré juge "inacceptable que des agences, telles que l'Afssaps, aient leur budget abondé par des laboratoires". "Il faut que ces agences deviennent indépendantes et que leur budget soit abondé par l'État", estime Bernard Debré, qui veut "couper les liens d'intérêts, les connivences entre les experts, les laboratoires et les agences". Il réclame aussi "un enseignement et une information claire pour tous". Bernard Debré se refuse à mettre en exergue la responsabilité des médecins dans l'affaire du Mediator. "Ce que l'Igas reproche au laboratoire Servier, c'est d'avoir menti sur la composition du Mediator. Les médecins ont été matraqués par les laboratoires. Les experts disaient que c'était un très bon produit", explique Bernard Debré, qui ne veut pas rejeter toute la responsabilité sur le seul laboratoire Servier. Sophie Huet

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