mercredi 12 janvier 2011
Interview vidéo deAncien ministre, député de l'Indre et secrétaire national du PS chargé de l'économie
"La stratégie de François Hollande est la bonne"
Pour l'ancien ministre socialiste, le débat sur le calendrier des primaires est terminé.
Le calendrier, c'est fini. Après avoir longtemps bataillé pour que le candidat du PS soit connu avant l'été, les partisans de François Hollande signent la trêve. "Nous sommes maintenant dans du définitif et tant mieux, même si ça n'est pas ce que les uns ou les autres ont pu souhaiter précisément, on arrête maintenant le compteur et on passe à autre chose", a assuré Michel Sapin hier soir lors du "Talk Orange-Le Figaro", non sans rappeler ce qui avait amené l'ancien premier secrétaire du PS à militer pour une désignation du candidat plus avancée. "Il voulait que les choses soient claires avant l'été?: un candidat, un programme, une alliance, un pacte et une capacité à se lancer dans la campagne électorale, a expliqué l'ancien ministre socialiste. Aujourd'hui, il y a une attente des Français. Ils nous attendent bien sûr sur le fond des choses, mais ils disent aussi qu'il faut quelqu'un pour porter cette parole. Il y a nécessité d'un "porteur de parole" qui soit en même temps le candidat, non pas pour devenir le candidat des candidats, mais pour devenir le président de la République française." Ce n'est pas un mystère, François Hollande s'y prépare depuis un moment. Dans les sondages, il commence à récolter les fruits de sa campagne. "La stratégie qu'il a adoptée est la bonne, a assuré Sapin. C'est de commencer relativement tôt à s'affirmer. Je dirais même qu'il s'est affirmé le jour où il a décidé de ne plus être à la tête du PS." Une pique pour Martine Aubry ? Michel Sapin l'assure, François Hollande "savait que c'est difficile lorsqu'on est à la tête d'un parti comme le PS de pouvoir dire ce que l'on pense". Longtemps brocardé en homme de la synthèse sans aspérité, François Hollande a quitté la direction du PS sur le fiasco du congrès de Reims. "Il était trop dans la synthèse (?) Il fallait qu'il s'affirme lui-même. Mais pas dans la précipitation, pas dans le feu d'artifice, pas dans le coup médiatique", a expliqué Michel Sapin dans une sorte de critique de Ségolène Royal. Le député de l'Indre en a aussi pour Dominique Strauss-Kahn. Parlant de François Hollande, il a glissé?: "personne ne se pose la question de savoir s'il est vraiment de gauche". Ce qui n'est pas le cas de DSK, régulièrement accusé, au sein même du PS, de "dérive droitière". F.-X. B.
réagissez à l'interview