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lundi 20 décembre 2010

Interview vidéo de

Michèle Tribalat

Démographe, spécialiste de l'immigration, directrice de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED) et auteur de Les yeux grands fermés ? L'immigration en France (Ed. Denoël)

Michèle Tribalat: ne pas "abandonner le réel au FN"

La démographe analyse la polémique suscitée par Marine Le Pen.

Connue notamment pour ses travaux sur l'islam, la démographe Michèle Tribalat juge "incroyable" qu'il faille "que Marine Le Pen en parle" pour que "tout le monde se mette à s'intéresser" au problème, "réel", des musulmans qui prient dans la rue. Invitée hier du "Talk-Orange-Le Figaro", elle a expliqué: "Si on décide d'abandonner le réel au Front national, le résultat est garanti. D'ailleurs il est garanti depuis plusieurs années." Depuis que la probable candidate du FN à la présidentielle a parlé d'"occupation" à propos de ces prières de rue, tous les responsables politiques reconnaissent que l'espace public ne peut pas être monopolisé par une religion, quelle qu'elle soit. Mais ils ajoutent aussitôt que la France manque de lieux de culte musulmans. "Il y a eu des périodes où il y avait très peu de lieux de culte en France, et où on n'a jamais vu personne prier dans la rue", a remarqué la chercheuse, en soulignant que "les maires sont de moins en moins opposés à l'idée d'en construire". Elle a rappelé qu'"on peut aussi prier chez soi", comme le font certains fidèles "en Algérie, où on a interdit les prières dans la rue". "Il y a d'autres religions en France qui ont des difficultés d'implantation", a-t-elle ajouté, en citant "les courants protestants évangéliques". L'État français ne pouvant pas subventionner la construction de lieux de culte, même si, selon Michèle Tribalat, il en a financé "un certain nombre, en contravention avec la loi", la solution au problème ne devrait finalement dépendre que "de la foi et de l'énergie des croyants, et de leurs cotisations personnelles". À condition que les politiques et les médias reviennent sur leurs "accommodements pas du tout raisonnables" avec l'islam, "ne serait-ce que dans le domaine de la liberté d'expression", conclut l'auteur des Yeux grands fermés (Éditions Denoël). Judith Waintraub

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