mardi 7 décembre 2010
Interview vidéo deAncien Premier ministre, sénateur UMP de la Vienne et vice-président du conseil national de l'UMP
Jean-Pierre Raffarin dénonce les "petites économies"
L'ancien Premier ministre défend le plan de cohésion sociale de Chirac.
Supprimer l'abattement sur les services à la personne, c'est "complètement absurde", "inacceptable", et en plus ça revient à "détricoter le plan de cohésion sociale de Jacques Chirac", approuvé à l'époque par une majorité jumelle de celle élue en 2007. Invité du "Talk Orange-Le Figaro" avant que les sénateurs de la majorité se plient finalement à l'injonction du gouvernement, Jean-Pierre Raffarin n'a pas eu de mots assez durs pour condamner une mesure fiscale que François Baroin présente comme une économie nécessaire en période de crise. Le ministre du Budget estime que cet abattement s'applique de façon abusive, par exemple quand il est utilisé pour du coaching à domicile. Un argument "de Parisien" pour le sénateur de la Vienne, qui voit "peu de coaching en Poitou", mais qui, en revanche, constate que la disposition "produit de l'emploi". "Je trouve maladroit qu'on cherche des millions à gratter sur des politiques essentielles alors qu'il y a des milliards qu'on ne va pas chercher pour le Grand Paris ou pour l'allégement de charges sur les 35 heures", a-t-il regretté. Ce combat-là a donc été perdu, mais à la tête du groupe de sénateurs qu'il vient de créer au sein de l'UMP, République et territoires, Jean-Pierre Raffarin compte bien essayer d'être "sérieux", notamment sur le plan budgétaire, en incitant le gouvernement à "faire des économies sur les grosses dépenses et pas sur les petites". Un regain de combativité qui est la conséquence directe du remaniement. L'ex-Premier ministre a été déçu et ne le cache pas. Partisan de "la rupture dans la rupture" après la "mauvaise élection" régionale, il s'est battu jusqu'au bout pour la nomination de Jean-Louis Borloo à Matignon. Mais "le président a choisi une autre stratégie" et en "militant loyal", il s'est résigné à se trouver "quelques sympathies avec François Fillon". "Il est comme moi un provincial, un tempéré, il connaît bien les élus locaux", a assuré Jean-Pierre Raffarin, en précisant : "Je pensais qu'il fallait un autre choix de politique, pas forcément de personne." Le vice-président du conseil national de l'UMP n'a en revanche rien à redire au choix de Jean-François Copé pour remplacer Xavier Bertrand à l'UMP. Si Bertrand "a fait le travail qu'il croyait devoir faire", Copé, Raffarin en est persuadé, saura "transformer" le parti, "en faire un grand parti démocratique et pas une structure caporalisée". Judith Waintraub
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