le talk orange - le figaro

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vendredi 19 novembre 2010

Interview vidéo de

Marielle de Sarnez

Eurodéputée, vice-présidente du Mouvement démocrate

"Le centre a vocation à être majoritaire"

La vice-présidente du MoDem tend la main aux libéraux, centristes, gaullistes et écolos.

Jeudi matin, François Bayrou avait qualifié d'"insinuations honteuses" les propos de l'ex-ministre de la Défense Hervé Morin, qui avait suggéré d'interroger les soutiens d'Édouard Balladur lors de la présidentielle de 1995, notamment l'actuel président du MoDem, dans l'affaire de l'attentat de Karachi. Invitée jeudi après-midi du "Talk Orange-LeFigaro", sa première vice-présidente, Marielle de Sarnez, a trouvé le comportement d'Hervé Morin "piteux" : "Ce que je vois, c'est que vouloir exister à tout prix fait perdre la tête, c'est piteux !" Si le président du Nouveau Centre "a des choses à dire, qu'il les dise. Et que justice passe...", a-t-elle lancé. Interrogée sur la nouvelle donne au centre après les départs du gouvernement de Jean-Louis Borloo et d'Hervé Morin, elle a estimé que "tout ce qui pourrait faire bouger les cartes serait une bonne nouvelle, mais, encore faudrait-il qu'elles bougent !" Pour cette proche du président du MoDem, qui a rappelé qu'elle se battait depuis 2002 "contre la bipolarisation et pour l'émergence d'un centre large à vocation majoritaire", il est impensable d'avoir un pied à l'UMP, comme Jean-Louis Borloo, qui est toujours vice-président du conseil national du parti majoritaire, tout en se réclamant d'un centre indépendant. Borloo et Morin "font partie des centristes de la majorité", balaie-t-elle d'un revers de main. "Je ne suis pas pour la confusion des genres, mais pour la clarté", dit-elle . Bref, le centre qu'elle appelle de ses voeux ne peut être qu'"indépendant du pouvoir actuel". Pour qu'il devienne "majoritaire", Sarnez a encore lancé un appel "aux libéraux, humanistes, centristes, gaullistes sociaux ou écologistes" qui souhaiteraient voir l'émergence "d'un pôle nouveau". Pour la présidentielle, pour laquelle Bayrou ne cache pas ses ambitions, elle estime qu'"il faut ouvrir la possibilité d'un choix nouveau aux Français". En revanche, elle a refusé la main tendue, "pas subtile et pas très intelligente", de Ségolène Royal. "Comme l'UMP, elle voudrait que le centre soit une simple force supplétive. Nous ne voulons pas de cela", a-t-elle tranché. Sur la situation économique du pays, l'eurodéputée n'est pas très optimiste. "La France n'est pas à l'abri de ce qui se passe en Irlande", redoute-t-elle. Rodolphe Geisler

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