le talk orange - le figaro

L'actualité en interview et vidéo

mardi 5 octobre 2010

Interview vidéo de

Gérard Longuet

Sénateur de la Meuse, président du groupe UMP au Sénat

Pour Alain Minc, le référendum du PS sur les retraites "est une absurdité de plus"

Le président du groupe UMP au Sénat plaide pour une réforme fiscale avant la présidentielle de 2012 et une suppression des 35 heures.

Le Sénat, chambre feutrée de la République ? Pas si sûr. Le lundi, on peut entendre Jean-Pierre Raffarin, sénateur de la Vienne et ancien Premier ministre, inviter la majorité à ne pas "mésestimer la contestation" contre la réforme des retraites. Le lendemain, on peut voir Gérard Longuet, sénateur de la Meuse et patron du groupe UMP, ne pas goûter le conseil. "C'est toujours agréable de recevoir des conseils, s'agace l'ancien ministre. Comment se comporter, se tenir droit, ne pas mettre ses doigts dans son nez, écouter les gens, tenir compte de la contestation dans la rue ?" Invités à 24 heures d'intervalle du "Talk Orange-Le Figaro", l'échange à distance des deux ténors de la majorité trahit combien la pression de la réforme des retraites pèse sur la Haute Assemblée. À charge pour les sénateurs de définir les marges de manoeuvre qui pourraient être ménagées à destination des "publics un petit peu oubliés de la première lecture" à l'Assemblée, explique Gérard Longuet. "Je pense aux handicapés, aux chômeurs âgés, à la pénibilité, aux mères de famille de trois enfants et plus", précise-t-il. Mais il n'en dira pas plus, précisant simplement qu'"une négociation est ouverte". Pas question, pour autant, que le texte sur les retraites s'alourdisse de mesures annexes, par exemple sur l'inégalité salariale entre hommes et femmes, comme le souhaite Raffarin. "Ce serait trop charger la barque, explique Longuet. On ne peut pas demander à ce texte de loi de régler les problèmes que la société française n'a pas réglé depuis cinquante ans." Le patron des élus UMP au Sénat doit également compter avec les centristes sans qui il n'y a pas de majorité. "On n'a pas besoin des centristes, ce sont nos partenaires dans la majorité", rétorque Longuet, qui tourne un compliment sur ces "gens exigeants" avec qui il a "plaisir à travailler" en faisant la publicité de leurs contradictions. "Jean Arthuis souhaite un équilibre des finances publiques, d'autres centristes souhaitent des efforts significatifs pour telle ou telle catégorie, raconte-t-il. On va essayer de faire la synthèse." La réforme ne complique-t-elle pas la tâche de la majorité à un an des sénatoriales ? "Ce n'est pas une réforme que l'on vote de gaîté de coeur puisqu'il s'agit de travailler plus", avoue Longuet. Il juge cependant les prochaines élections "compliquées mais jouables". D'ici là interviendra le remaniement. Si Longuet concède avoir été agacé parce qu'"on en a parlé trop tôt, trop longtemps", il reconnaît que ce rendez-vous doit permettre de redéfinir les objectifs après la réforme des retraites. "La réforme fiscale, chiche avant 2012 !", s'enthousiasme Longuet, qui propose également de se lancer dans "la sortie" des 35 heures. "De tels sujets justifient un nouveau gouvernement", estime-t-il. Jean-Baptiste Garat

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