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vendredi 24 septembre 2010

Interview vidéo de

Dominique de Villepin

Ex-Premier ministre, président de République solidaire

"Si la réforme des retraites passe telle quelle, la majorité le paiera très cher en 2012"

L'ancien Premier ministre estime que ce texte ne répond pas à "l'exigence de justice", notamment vis-à-vis des femmes.

Dominique de Villepin recommande au gouvernement de faire un "effort supplémentaire" pour rendre sa réforme des retraites acceptable. Invité du "Talk Orange-Le Figaro", l'ancien Premier ministre a répété que le projet du gouvernement était trop injuste, notamment vis-à-vis des plus précaires et des femmes. "Il manque à cette réforme, par ailleurs nécessaire, une exigence de justice. Je préconise que l'on trouve un compromis sur le passage de 65 à 67 ans pour toucher une retraite à taux plein." Pour financer le coût (6 milliards) de cette concession, le président de République solidaire suggère une "meilleure répartition de l'effort national". En clair : la suppression du bouclier fiscal. Interrogé sur le risque d'un blocage du pays ou de manifestations à répétition comme à l'époque du CPE, l'ancien Premier ministre a préconisé "l'écoute". Il met surtout en garde Nicolas Sarkozy : "Si la réforme passe telle quelle, la majorité le paiera très cher en 2012. Je connais cette tentation d'endosser les habits du 'Capitaine courage'. On finit toujours par le payer très cher". Favorable à l'idée de lutter contre les déficits, comme vient de le confirmer le ministre du Budget, Dominique de Villepin a jugé "utopistes" les prévisions du gouvernement. "Nous n'avons aucune chance de revenir à l'équilibre en 2013. Il faudra dix à douze ans pour équilibrer nos comptes publics et à la condition qu'on le fasse de manière concertée avec nos partenaires européens." Sans surprise, il a maintenu ses critiques sur la politique d'expulsions des Roms initiée cet été par Sarkozy. "La France ne s'est pas grandie par cette politique. On ne gagne jamais dans la surenchère." Sera-t-il candidat en 2012 ? Il répond qu'il veut offrir une "alternative républicaine" à une "politique qui n'a pas tenu ses promesses". Cela ne l'empêche pas de garder toute son "amitié" pour ses anciens ministres François Baroin, Christian Jacob, Jean-François Copé et son ex-directeur de cabinet Bruno Le Maire. Quatre hommes (dont trois sont actuellement membres du gouvernement de François Fillon) qui viennent de signer une tribune dans Le Figaro dans laquelle ils plaident pour un changement de gouvernance. Ironique sur le spectacle qu'a donné l'UMP lors de ses journées parlementaires à Biarritz, Dominique de Villepin s'est montré laudateur sur la personnalité de Jean-François Copé. Il a rappelé qu'avant de quitter Matignon, il avait conseillé à Nicolas Sarkozy de le prendre dans son gouvernement car c'était un "ministre fidèle et particulièrement efficace" . Un conseil que son ennemi juré n'avait pas voulu entendre en 2007. Trois ans et demi plus tard, Villepin confie qu'il verrait bien Copé à Matignon. Bruno Jeudy

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