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L'actualité en interview et vidéo

lundi 5 juillet 2010

Interview vidéo de

Claude Bartolone

Député PS de Seine-Saint-Denis

Affaire Woerth-Bettencourt : Claude Bartolone s'interroge sur le financement de l'UMP

Le député PS de Seine-Saint-Denis durcit le ton en dénonçant le "comportement de proximité" de la droite avec le pouvoir économique.

Du velours pour l'opposition. Chaque jour, de nouvelles révélations mettent en difficulté le ministre du Travail, Eric Woerth. Alors, pour le Parti socialiste, les démissions d'Alain Joyandet et Christian Blanc ne changent rien. Le PS n'a pas l'intention de faire redescendre la pression. "Pourquoi ces deux-là ?", s'est interrogé Claude Bartolone. Invité du "Talk Orange-Le Figaro", le député de Seine-Saint-Denis durcit le ton. "Cela ouvre tout une série de questions. Je me demande ce qu'on essaie de protéger." La réponse, Claude Bartolone l'a sur le bout des lèvres. "Je me demande s'il n'y a pas quelque chose de caché dans le financement de l'UMP", poursuit-il, en s'interrogeant sur les fonctions d'Eric Woerth, A la fois ministre et trésorier de l'UMP, mais aussi sur le financement du parti majoritaire. Pour lui, c'est dans cette direction qu'il faudrait enquêter. A l'entendre, c'est pour cette raison que l'Elysée soutiendrait mordicus Eric Woerth. En lançant cette piste, il se démarque de l'analyse de Martine Aubry. La semaine dernière, la première secrétaire estimait que le problème principal n'était pas le cumul des fonctions par le ministre du Travail. Pour elle, le PS devait plutôt concentrer ses attaques sur les conflits d'intérêts dont il est accusé. Bartolone ne mâche pas ses mots sur ce terrain non plus. "Ce comportement de proximité avec l'argent et le pouvoir économique, cela date du Fouquet's, du yacht de Bolloré ou de l'amour pour les Rolex", ironise-t-il en rappelant quelques polémiques de début de mandat. Les répliques de l'UMP, et notamment de son secrétaire général Xavier Bertrand, qui accuse la gauche de faire le jeu du populisme, l'irritent. "Il n'y a rien de pire qu'une opposition qui ne ferait pas son travail d'opposition", estime-t-il. Quitte à alimenter la litanie du "tous corrompus" ? "La responsabilité de la gauche c'est de dire qu'il s'agit du gouvernement des affaires et pas de la République des affaires", répond-il. Au PS, certains s'en inquiètent quand même, en regardant les sondages. Selon une enquête Viavoice parue dans Libération, 64% des Français pensent que les dirigeants politiques sont plutôt corrompus. Au sein de la majorité, on espère que la polémique va se calmer avec le début des vacances. "Les vacances durent peu de temps", rétorque-t-on à gauche. Le projet de loi sur les retraites doit être examiné le 20 juillet en commission à l'Assemblée. Le PS prépare aussi un temps fort sur la réforme de son université d'été, fin août. Lundi, le PS n'a donc pas lâché prise. Lors du point de presse hebdomadaire, le porte-parole Benoît Hamon s'est interrogé sur la "légitimité" d'Eric Woerth à conduire la réforme des retraites. Sans non plus demander explicitement la démission du ministre du Travail, l'ancien ministre Pierre Moscovici est lui aussi allé loin dans ses propos : "Le gouvernement ne peut pas tenir, a-t-il déclaré. L'édifice est pratiquement par terre." Nicolas Barotte

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