vendredi 2 juillet 2010
Interview vidéo deEx-Premier ministre, président du mouvement République solidaire
Villepin demande des réponses à Sarkozy sur les affaires
L'ex-Premier ministre se refuse toutefois d'accabler Eric Woerth, en soulignant que "l'honneur d'un homme est fragile".
"Je ne ferai pas de procès d'intention à Eric Woerth, explique Dominique de Villepin. L'honneur d'un homme est quelque chose de fragile. J'ai subi ce genre d'attaques injustes et je ne ferai jamais à personne ce que j'ai moi-même vécu." Invité du "Talk Orange-Le Figaro", l'ancien Premier ministre, qui attend l'appel du procès Clearstream, a pris bien soin de ne rien prononcer de définitif sur l'affaire qui secoue aujourd'hui le gouvernement. "Dans notre pays nous passons trop rapidement de la suspicion à l'accusation", estime-t-il. Mais en procureur général des années Sarkozy, Villepin a néanmoins expliqué qu'"un certain nombre de questions de principes" méritaient d'"être traitées" : "La question de l'égalité devant l'impôt, de l'impartialité de l'Etat, de l'égalité devant la justice", énumère-t-il. "Il me paraît important que les responsables politiques, le gouvernement, le président de la République apportent les réponses nécessaires", estime-t-il. Il semble pourtant avoir la réponse à certaines des questions posées. "Peut-on être à la fois ministre, a fortiori du Budget, et trésorier d'un parti ?", s'interroge-t-il. Pas à l'en croire puisque aujourd'hui le trésorier "va solliciter des particuliers, des bailleurs de fonds richement dotés". "Il devient un solliciteur et est-ce qu'on peut solliciter des grandes fortunes et en même temps être ministre ?" Poser la question, c'est y répondre. "La République irréprochable" souhaitée par Nicolas Sarkozy lui inspire un sourire : "Là -dessus, il y a beaucoup de travail", ironise le meilleur ennemi du président de la République. "A travers les affaires récentes, on peut distinguer une indignation tout à fait justifiée", explique-t-il. "Il faut être vigilant, être exemplaire et plus on monte dans la hiérarchie, plus cette exemplarité doit jouer", ajoute-t-il en regrettant que la classe politique actuelle ait parfois "moins de repères", moins l'exemple du service public. Pour lui, il faut donc fixer des "règles claires et les faire respecter". "On s'étonne quand même qu'il faille rappeler aux ministre qu'ils doivent payer leurs dépenses personnelles eux-mêmes", regrette-t-il. Interrogé sur ses motivations à avoir créé son propre mouvement République solidaire, le 19 juin, Dominique de Villepin rappelle qu'il est "issu de la famille gaulliste" : "Il se trouve que la famille gaulliste a aujourd'hui du mal à se retrouver dans la politique menée par l'UMP", estime-t-il. "C'est parce que je veux proposer une alternative à la politique menée que je crée un mouvement indépendant, ouvert à tous et qui s'efforcera de proposer une politique qui permette de faire gagner notre pays", avance-t-il. Pas étonnant, dès lors, que Dominique de Villepin n'ait pas encore "envoyé son chèque d'adhésion à l'UMP". Jean-Baptiste Garat
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