lundi 28 juin 2010
Interview vidéo deMinistre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales
Collectivités : Brice Hortefeux en quête d'une majorité sénatoriale
Le ministre de l'Intérieur est prêt à certaines concessions sur le projet de loi , mais reste ferme sur le mode de scrutin territorial.
Cherche majorité désespérément. Brice Hortefeux ne s'en cache pas. Invité du "Talk Orange-Le Figaro", à quelques heures de l'ouverture en seconde lecture au Sénat du débat sur la réforme territoriale , le ministre de l'Intérieur a souligné que chaque voix compterait. "J'ai passé beaucoup de temps aujourd'hui même à contacter et consulter les uns et les autres pour ensemble faire aboutir cette réforme majeure, utile, indispensable à notre pays", a-t-il expliqué. "On a l'objectif de simplifier, d'alléger, de rendre plus efficace. Et cela passe par l'élection du conseiller territorial, défend-il. Nous allons diminuer par 40% le nombre des élus départementaux et régionaux. Nous n'avons pas besoin de 6 000 élus départementaux et régionaux. " Si l'urgence était palpable hier, c'est que la Haute Assemblée, qui "assure la représentation des collectivités territoriales de la République" selon la Constitution, n'entend pas se laisser déposséder du sujet. Les sénateurs ont déjà montré leurs muscles en commission, en démontant consciencieusement tout ce dont ils n'avaient pas voulu en première lecture et que le gouvernement et l'Assemblée ont introduit dans le texte. Et notamment le mode de scrutin des conseillers territoriaux. Entre les centristes qui tiennent à un scrutin avec une dose de proportionnelle, l'opposition qui récuse de toute façon la création de ce nouvel élu, et certains élus UMP qui manifestent leur mécontentement, la recherche d'une majorité sénatoriale relève du casse-tête."Je fais confiance au sens de l'intérêt général des sénateurs", temporise Brice Hortefeux qui donne pour exemple la conversation qu'il a eue avec Jean-Pierre Chevènement. "Il m'a dit qu'il votait toujours selon ses convictions personnelles et pas en fonction de choix tactiques", se félicite le ministre de l'Intérieur. Est-ce à dire que voilà une voix gagnée ? "Je n'en sais rien", reconnaît Hortefeux.Pour faire aboutir ce texte, le ministre est prêt à entendre certaines demandes centristes, "une amélioration des sanctions si la parité n'est pas respectée" ou "un renforcement des limites du cumul des mandats". Mais pas question de bouger sur le mode de scrutin : "Ça sera le scrutin majoritaire parce que c'est celui qui recueille l'assentiment le plus large." Tout le monde ne partage pas cet optimisme. "Il n'y a pas de majorité sur ce texte", soupire le président du groupe UMP Gérard Longuet. "Remarquez , il n'y a pas non plus de ministre pour la conduire". La pique ne démonte pas Brice Hortefeux : "Il ne vous dirait pas exactement la même chose aujourd'hui. Au gouvernement même , certains ont fait leur deuil de la réforme. "Brice s'affole aujourd'hui parce qu'il s'est fait souffler dans les bronches par le premier ministre. Il n'est que temps qu'il s'agite", commente un collègue. "C'est l'histoire d'un immense gâchis, il n'y a pas d'autre mot" , renchérit un autre qui place les trois promoteurs de la réforme, Brice Hortefeux, Alain Marleix et Michel Mercier, dans le même sac. "C'est une charpie de texte qui sortira du Parlement et nous ne sortirons pas indemnes de cette histoire", poursuit ce peu charitable collègue.A l'ouverture du débat, centristes, radicaux et même les sénateurs UMP emmenés par Jean-Pierre Raffarin dans une nouvelle fronde, n'envisageaient pas de déposer les armes. "Ils vont nous le faire payer très cher", appréhendait-on Place Beauvau. Si cher que le gouvernement pourrait confier à l'Assemblée, en seconde lecture, le soin de remettre le texte d'équerre. "Nous saurons dans quelques heures si les rugissements des sénateurs en commission étaient bien réels, souffle un conseiller. Ou s'ils laisseront place aux miaulements en séance". Pas sûr que les grands fauves du palais du Luxembourg goûtent la comparaison.
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