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jeudi 24 juin 2010

Interview vidéo de

Michel Sapin

Ancien ministre, secrétaire national à l'économie du Parti socialiste

Sapin (PS) annonce le lancement de la "bataille politique" sur la réforme

Le député PS de l'Indre met en garde contre une réforme des retraites "brutale".

Le ton est déterminé et ferme : "L'équilibre de la réforme des retraites n'est pas atteint." Michel Sapin, député maire (PS) d'Argenton-sur-Creuse (Indre), invité hier du "Talk Orange-Le Figaro", a dénoncé "la cruauté" de la réforme. Il "ne faut pas croire que tout est terminé alors que rien n'est commencé", a affirmé le secrétaire national à l'économie du Parti socialiste, qui soutient que les grèves survenues hier ne sont que le début de la "bataille politique". L'ex-président de la région Centre a ajouté que "l'allongement de la durée de cotisation n'est pas de même nature que le recul de l'âge légal de la retraite sans prendre en compte ni les carrières longues ni la véritable pénibilité". Michel Sapin fait ainsi la distinction entre "une question démographique et une question de justice", et réclame un retour "sur des injustices profondes" que le projet actuel risque d'inscrire. Il se dit "choqué" que le report à 62 ans de l'âge légal "pèse sur les plus faibles. Il faut absolument que cela bouge". Il propose ainsi de "trouver d'autres ressources que salariales" au financement des retraites, afin que l'on arrive à "une réforme de justice". Abordant la polémique autour d'Éric Woerth, le "M. Économie" du PS a affirmé que le ministre du Travail était "une personne honorable" et que "la protection des personnes publiques par rapport au soupçon" était fondamentale. "Il n'est pas acceptable que celui-ci pèse à son tour sur l'ensemble de la vie publique et politique". Michel Sapin s'est montré ferme sur cette polémique qu'il qualifie "d'éthique et non juridique", en déclarant qu'un ministre du Budget "ne doit pas être en même temps trésorier d'un parti politique", car dans ce cas, "le soupçon est là". Selon lui, un éventuel axe DSK-Royal-Aubry lors des primaires socialistes aurait pour effet mécanique une "mise en valeur" de François Hollande. Michel Sapin, qui soutient la candidature de l'ancien premier secrétaire du PS, préfère toutefois "s'intéresser au contenu". "Il faut travailler, proposer, construire", a-t-il conclu, à la veille d'une journée de travail du club de réflexion de Hollande.

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