le talk orange - le figaro

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mercredi 23 juin 2010

Interview vidéo de

Bruno Gollnisch

Vice-président du Front national (FN) et député européen

Le duel entre Bruno Gollnisch et Marine Le Pen aura bien lieu

La fille du président du parti est déjà en campagne pour 2012. Son rival se réjouit d'avoir obtenu ses parrainages.

"Je peux vous annoncer que je dispose du nombre de parrainages nécessaires pour me présenter à la présidence du Front national." Invité du "Talk Orange-Le Figaro", Bruno Gollnisch, rival de Marine Le Pen dans la course à la succession de Jean-Marie Le Pen, a soigné son effet. Et le député européen a levé la dernière incertitude qui pesait sur sa candidature. Les statuts du Front national prévoient que 20 signatures de secrétaires départementaux du parti sont nécessaires pour briguer la présidence du mouvement. Or, selon Bruno Gollnisch, ces cadres, nommés par la direction du FN, auraient pu être dissuadés d'accorder leur parrainage par crainte des représailles de Marine Le Pen ou de son père. Bruno Gollnisch a donc demandé, et obtenu, l'anonymat des signataires. Alors qu'il avait jusqu'au 30 juin pour collecter les précieux parrainages, le challenger de Marine Le Pen devance ainsi la date fatidique et assure d'ores et déjà qu'il pourra être candidat. "Je suis un candidat sérieux et crédible", a argumenté le député européen. Interrogé sur l'hypothèse d'une alliance du FN avec l'UMP, le député européen s'est dit "las de tendre la main" sans exclure pour autant ce scénario. Le vice-président du FN a toutefois subordonné tout accord électoral à "la prise en charge d'une partie substantielle de nos engagements" par l'UMP. En réponse à une question sur l'omniprésence médiatique de Marine Le Pen, Bruno Gollnisch a indiqué qu'il avait "dénoncé le Quick halal de Villeurbanne" avant que sa rivale "dénonce celui de Roubaix". Mais le député européen a ajouté aussitôt : "Ça n'a d'ailleurs pas d'importance." Inutile d'insister, l'universitaire ne dira pas ce qui le différencie de sa rivale. "Mes positions sont connues. C'est plutôt à Marine qu'il faut poser cette question", lâche-t-il. Tandis que Bruno Gollnisch se consacre à sa campagne interne, Marine Le Pen pose les jalons de sa campagne présidentielle. Un certain nombre d'adhérents du FN semblent en effet tiraillés entre les deux candidats. Adeptes de l'adage "papa et maman ne divorcent pas", certains cadres verraient d'un bon oeil un compromis où Bruno Gollnisch serait président du FN et Marine Le Pen candidate investie par le parti pour la présidentielle de 2012. Marine Le Pen a voulu hier conjurer ce risque. Reçue par l'association de la presse parlementaire, la vice-présidente du FN a mis les militants de son parti en face d'un choix clair. "Je n'envisage pas d'être candidate en 2012 si les adhérents ne me font pas confiance" au préalable lors de l'élection du prochain président du FN en janvier 2011, a-t-elle averti. Un partage des rôles entre son rival et elle serait "une erreur très grave. Sous la Ve République, un parti, c'est une écurie présidentielle". Impossible, à ses yeux, de dissocier la présidence du parti et la candidature à l'Elysée. En réponse à une question, Marine Le Pen a pronostiqué que "la délinquance, les enjeux économiques et sociaux et le communautarisme" figureraient parmi les thèmes centraux de la prochaine présidentielle. Marine Le Pen a enfoncé le clou en conclusion : "Je ne me sens pas dans une campagne interne, mais dans une précampagne présidentielle." Une façon de modifier l'enjeu du congrès du parti en janvier prochain. Et d'avertir les adhérents du FN qu'elle n'entend pas partager le pouvoir. Guillaume Perrault

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