mardi 22 juin 2010
Interview vidéo deSecrétaire d'Etat au Commerce, à l'Artisanat, aux PME, au Tourisme, aux Services et à la Consommation
Novelli: "La capitalisation est incontournable"
Pour le secrétaire d'État aux PME, le France devra, comme tous ses voisins, se doter d'un système d'épargne-retraite complémentaire.
Membre du gouvernement, Hervé Novelli soutient "totalement" le projet de réforme des retraites présenté par le ministre du Travail Éric Woerth. Il l'a affirmé haut et fort hier au Talk-Orange-Le Figaro. Mais le secrétaire d'État aux PME est aussi le président des Réformateurs, l'aile libérale de l'UMP. Et en tant que tel, il n'a "nul doute que (ses) amis sauront proposer des amendements lors du débat au Parlement". L'objectif de cette offensive annoncée: "Donner la capacité de financer une partie de sa retraite par de l'épargne". Les libéraux militent depuis longtemps pour que la France se dote de "mécanismes qui permettraient à la capitalisation de devenir un pilier du système" des retraites. Hervé Novelli a rappelé qu'il avait remporté une première bataille en 2003 lorsque, député d'Indre-et-Loire, il avait introduit un amendement sur les retraites par capitalisation collective dans la réforme Fillon. Aujourd'hui, il veut aller plus loin, "pas par idéologie, ni par esprit de système, mais parce que tout le monde sait, de manière arithmétique, que l'allongement de la durée de vie conduit à avoir de plus en plus d'inactifs, et de moins en moins d'actifs". Et donc que ni le report à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite, ni la ponction supplémentaire sur les hauts revenus ne suffiront à assurer la pérennité du système par répartition. "L'épargne-retraite est nécessaire, inéluctable, et elle est d'ailleurs pratiquée dans tous les pays", a affirmé le secrétaire d'État aux PME. Reste aux Réformateurs de l'Assemblée à convaincre le ministre du Travail Éric Woerth d'intégrer dans sa réforme "des mécanismes qui pourront aider la capitalisation à devenir un pilier incontournable du système". Ce qui s'annonce délicat, puisque le texte dont le Parlement doit être saisi en septembre est déjà censé d'ici là être amendé par le gouvernement en fonction de ses négociations avec les syndicats.Le sujet sera probablement évoqué vendredi, à Toulon, lors de la journée des Réformateurs. C'est la première fois depuis 2007 qu'Hervé Novelli réunit l'ensemble de son club. Il revendique 101 députés, 5 sénateurs et 4 800 adhérents, ce qui constitue une force de frappe non négligeable dans la perspective de la prochaine présidentielle. D'ailleurs, tout en rappelant la contribution des Réformateurs à l'élection de Nicolas Sarkozy, en 2007, Hervé Novelli a promis qu'il se mettrait de nouveau avec ses amis au service du président sortant, qu'il considère comme le "candidat naturel" de la majorité. Même si les idées libérales qu'il a encore défendues hier en expliquant que l'"État ne peut pas tout" ne sont guère en vogue à l'Élysée.
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