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lundi 21 juin 2010

Interview vidéo de

Michèle Alliot-Marie

Ministre de la Justice et des Libertés

Pour MAM, Villepin peine à faire vivre l'héritage de De Gaulle

La garde des Sceaux estime que l'ancien Premier ministre se contente de critiquer mais ne fait pas de propositions.

Michèle Alliot-Marie a repris la casquette d'une fonction qu'elle a exercée de 1993 à 1995, sous Balladur : celle de ministre des Sports. "C'est de la facilité que de vouloir psychanalyser un pays à partir des résultats d'une équipe sportive", a dit la garde des Sceaux, répondant aux propos tenus le matin même par le président du MoDem, François Bayrou, pour qui "le naufrage de l'équipe de France dit quelque chose des faiblesses de la France". Certes, MAM admet que le spectacle donné par les Bleus ces derniers jours n'est pas du meilleur effet. Elle évoque ainsi "des images et des propos choquants" et assure "qu'être unis, cela permet de remporter plus facilement des victoires". Mais elle assure aussi que le temps des explications n'est pas venu. "Après, il sera temps de faire le point, de tirer les conséquences de ce qui s'est passé", lance-t-elle. Soucieuse de ne pas mettre d'huile sur le feu sur le front sportif, MAM l'est tout autant vis-à-vis de son collègue du Travail, Eric Woerth, qui a confirmé que son épouse démissionnera "dans les prochains jours" de la société qui gère une partie de la fortune de Liliane Bettencourt, l'héritière milliardaire de L'Oréal. "Nul ne peut mettre en cause son honnêteté, ni sa volonté de lutter contre la fraude fiscale", martèle la garde des Sceaux à propos de Woerth. Selon elle, cette énième polémique concernant des membres du gouvernement tient à "la crise" et aux réformes "qui créent une certaine angoisse". MAM estime donc que "des comportements, même s'ils peuvent être légaux et normaux, vont apparaître comme anormaux". Et qu'"il faut les corriger". Comme aurait pu le faire de Gaulle, qui avait "une certaine idée de la politique et une certaine idée de la France". Pour cette gaulliste convaincue, Dominique de Villepin peine en revanche à faire vivre l'héritage du général. Il faut "une démonstration de conviction", souligne-t-elle à propos de l'ex-Premier ministre qui a lancé son parti samedi. Elle ajoute : "Pour l'instant, j'ai entendu des critiques, je n'ai pas vu de programme." Grâce au Chêne, le mouvement qu'elle a créé en 2007, MAM planche déjà sur le projet présidentiel de Nicolas Sarkozy "s'il se présente". Anne Rovan

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