le talk orange - le figaro

L'actualité en interview et vidéo

mardi 8 juin 2010

Interview vidéo de

Jacques Attali

Economiste, écrivain, président d'Attali et Associés et de PlaNet Finance, président de la Commission de la libération de la croissance française

"Des économies plutôt que des hausses d'impôts"

Jacques Attali, le président de la Commission pour la libération de la croissance, était l'invité du "Talk Orange-Le Figaro".

"Ce n'est pas un plan d'austérité qu'il faut, c'est un plan catastrophe !" Invité du "Talk Orange-Le Figaro", Jacques Attali n'a pas caché l'urgence de la situation. "Si on ne veut pas qu'il nous soit imposé par les prêteurs, il faut indiquer dès maintenant comment se prépare le budget 2011, dire clairement ce qu'on y met", a déclaré l'économiste, président de PlaNet Finance. Nul doute, la France doit "appuyer sur le frein pour, dans les trois ans qui viennent, récupérer 100 milliards". L'essentiel doit venir "d'économies et non de hausses d'impôt. Mais elles seront extrêmement difficiles à trouver", reconnaît Jacques Attali. La France est-elle en faillite ? "Le risque est là, répond l'économiste. Si les prêteurs commencent à douter de nous, les taux d'intérêt vont monter, et à ce moment-là on sera en faillite parce que nous n'aurons plus les moyens de payer la dette." Si rien n'est fait, et si aucun changement majeur n'est impulsé dans l'orientation des finances publiques, la dette française atteindra plus de 120% du PIB en 2020. "La croissance est la seule façon de régler la dette", a insisté le président de la Commission pour la libération de la croissance. Dans son deuxième rapport, dont une version préliminaire a été remise hier au président de la République, la Commission indique qu'il faut que "d'ici 2020 soit mis en place le socle d'une croissance durable, de 2,5% à 3%" par an. En vue de la publication du rapport final, en juillet, rapport qui devrait compter un nombre de propositions "assez limité" alors que le premier en faisait plus de 300, la Commission veut lancer les débats sur les sujets qu'elle pense être les enjeux des années à venir : la convergence des économies de l'Union européenne, l'équilibre des finances publiques, la compétitivité et l'emploi, la stimulation de l'innovation et de l'économie du savoir mais aussi le retour à un équilibre durable entre les générations. Du premier rapport, remis en janvier 2008, près de 60% des mesures ont été mises en oeuvre. C'est "à la fois considérable et insuffisant", a dit le président de la Commission pour la libération de la croissance.

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