le talk orange - le figaro

L'actualité en interview et vidéo

vendredi 14 mai 2010

Interview vidéo de

Robert Rochefort

Député européen et membre du bureau exécutif national du MoDem, ancien directeur du CREDOC

L'eurodéputé (MoDem) prône une coordination des politiques économiques européennes.

Élu député européen en juin 2009, sur les listes du MoDem, le sociologue Robert Rochefort se dit inquiet pour l'Europe des Vingt-Sept. Invité hier du "Talk Orange-Le Figaro", ce proche de François Bayrou juge sévèrement la Commission européenne, qui vient de demander de pouvoir examiner les budgets des États membres avant même leurs Parlements nationaux. "La Commission a commis, là, une grande maladresse", dénonce-t-il.Membre du groupe ADLE (centriste) au Parlement européen, Robert Rochefort estime que, certes, "l'idée est d'avoir une convergence vers un gouvernement économique [européen] et, donc, une coordination des politiques économiques qui passent par une coordination budgétaire". Mais, regrette-t-il, quand "la Commission arrive en disant ?attendez comme de bons petits élèves et soumettez à l'avance votre copie?, sur la forme, c'est de la provocation" ."De la maladresse à la provocation", le risque est donc, redoute-t-il, d'aboutir à "une opposition très forte?des populations" contre l'Europe. Surtout en temps de crise, où cela apporterait de l'eau au moulin des eurosceptiques, qui pourraient être tentés par "un peu de néoprotectionnisme démagogique". Ainsi à ceux, y compris en France, qui prônent désormais une sortie de l'euro, Rochefort répond qu'ils sont "totalement irréalistes" . Pour lui, "ce serait une aggravation des difficultés, du chômage, ou encore de la compétitivité". Ce qui risquerait de "restaurer les rivalités" entre les États membres d'aujourd'hui. Soit le contraire de ce que Robert Rochefort pense: "Il faut que les États se rapprochent, convergent." L'eurodéputé met encore en garde contre "trop de précipitation" dans les plans d'austérité observés dans certains pays de l'UE: "Il ne faudrait pas que dans les six, douze ou dix-huit mois qui viennent, par une sorte de précipitation d'austérité, on plonge tous ces pays dans une dépression économique qui, alors, ajouterait à la crise financière, une nouvelle catastrophe sociale." Pour ce qui est de la France, le vice-président du MoDem estime que "François Fillon est certainement quelqu'un de raisonnable", mais "en même temps, vouloir faire des coupes sombres à proportionnalité identiques dans tous les budgets, ce n'est pas sérieux". Pour lui, "cette exigence de discipline budgétaire ne pourra être faite en dehors d'une justice sociale". L'hypothèse d'une baisse de certains crédits d'intervention de 10 % sur trois ans, comme par exemple le RSA, le préoccupe "extrêmement". Valentine Antonova et Rodolphe Geisler

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