mercredi 12 mai 2010
Interview vidéo deAncien député européen
Bourlanges: Borloo n'est pas «une offre différente de l'offre sarkozienne»
L'ancien eurodéputé UDF ne voit pas qui pourra défendre une candidature centriste en 2012.
Jean-Louis Bourlanges a un souci. L'ancien eurodéputé UDF, qui fut un proche de François Bayrou, ne voit pas qui, aujourd'hui, est en mesure de porter les couleurs du centre à la présidentielle de 2012. Invité du «Talk Orange-Le Figaro», le conseiller maître à la Cour des comptes explique qu'il a «toujours pensé qu'il fallait un candidat centriste», mais s'avoue «très embarrassé» par les prétendants qui s'avancent aujourd'hui.Hervé Morin, candidat déclaré à la candidature pour le Nouveau Centre?? «Je le trouve très sympathique et il a fait plutôt un bon parcours au ministère de la Défense», pose-t-il en préalable. «Mais je ne vois pas comment, à partir d'une association aussi étroite au gouvernement de M. Sarkozy, il peut incarner dans deux ans un projet différent.» Jean-Louis Borloo, chantre de l'écologie de droite et président du Parti radical, ancienne composante de l'UDF aujourd'hui associée à l'UMP? «Il est peut-être un peu plus original sur le plan de son image, mais il ne me paraît pas incarner non plus une offre politique différente de l'offre sarkozienne», tranche-t-il. François Bayrou, alors? Jean-Louis Bourlanges a été un fidèle soutien de l'ancien candidat à la présidentielle, jusqu'en 2007. «J'ai une grande admiration pour le caractère de François Bayrou, pour son talent», explique Bourlanges. «Mais je suis très sévère sur ses choix stratégiques qui ont conduit le centre au fond du gouffre. Et plus sévère encore sur ses choix idéologiques: ce n'est pas une musique centriste, il a tordu le cou à l'idée de réforme et partage avec la gauche un goût pour l'immobilisme.» Pressé de donner un nom, tout de même, Bourlanges résume: «Je ne sais pas. Si j'étais chiite, j'attendrais l'imam caché.» Et si Nicolas Sarkozy se représentait? Jean-Louis Bourlanges explique qu'en 2007, il a voté au second tour pour le candidat de l'UMP. Mais «avec pas mal de distance et un peu de scepticisme». Sur le plan européen, il souligne le «manque de cohérence» de sa politique mais lui accorde un satisfecit: «C'est un gestionnaire de crise tout à fait remarquable parce qu'il a du coup d'?il, de l'énergie et une grande capacité à plaider», souligne Bourlanges. Pas question cependant de «lui donner vingt sur vingt». «Car avec lui on a toujours le risque de la démesure et du ?c'est moi qui fais tout?, explique-t-il. Sarkozy, quand il voit des bougies, il croit que c'est son anniversaire!» Ce ne sera pas non plus sa fête, puisque Bourlanges estime que Sarkozy, sur le plan intérieur, a «abîmé l'idée réformatrice». «Il a très mal géré son calendrier, il n'a pas eu la bonne méthode, il n'a pas eu les bons objectifs», fustige-t-il, en visant notamment le paquet fiscal qui a mis en place le bouclier fiscal. «Il a fait des réformes dans tous les sens. Les gens n'ont pas compris à quoi ça servait et en ont associé l'idée à celle d'injustice», ajoute-t-il en soulignant qu'«on ne fait pas la réforme contre le peuple français». J.-B. G.
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