le talk orange - le figaro

L'actualité en interview et vidéo

mardi 11 mai 2010

Interview vidéo de

Pierre Moscovici

Député PS du Doubs

«Il faut que les riches paient, c'est ainsi»

Pour le député PS du Doubs, invité du "Talk Orange-Le Figaro", le plan du gouvernement va plonger la France dans "l'injustice et l'inefficacité".

Il est raccord avec Martine Aubry, mais il ne s'attarde pas sur ses propositions. Sans commenter les mesures avancées par la première secrétaire du PS : créer des emplois-jeunes "nouvelle formule", donner 200 euros à 16 millions de ménages, etc., Pierre Moscovici s'insurge contre les attaques de François Fillon à l'encontre des socialistes. "J'ai trouvé extraordinairement choquant que le Premier ministre tourne en dérision Martine Aubry. C'est facile de caricaturer ce qu'elle a dit. Ce qu'elle a dit, c'est une autre façon de dire ce que je dis moi-même", assure le député du Doubs au "Talk Orange-Le Figaro". Ce qu'il dit ? À l'unisson des socialistes, Pierre Moscovici dénonce le plan d'austérité du gouvernement et moque son refus d'utiliser le mot "rigueur". D'ailleurs, il revendique le mot. "La rigueur c'est un terme qui a été inventé par la gauche en 1983 pour se distinguer de l'austérité. C'est quand on réduit certaines dépenses publiques de manière vertueuse . Le gouvernement ne l'assume pas parce qu'il ne le fait pas de façon vertueuse, assure-t-il. C'est une vraie politique d'austérité qui est conduite. Ce gouvernement se comporte de façon un peu aveugle, il toise les dépenses publiques sans être sélectif en quoi que ce soit, sans protéger les investissements, en continuant à pénaliser la justice sociale, sans tenir compte de l'exigence que l'effort nécessaire soit mieux partagé." Pour lui, le gel pendant trois ans des dépenses publiques annoncé par François Fillon est une "faute lourde". Détournant l'acronyme qui désigne la révision générale des politiques publiques (RGPP), Pierre Moscovici résume sa vision de l'action du gouvernement : "On a l'impression que c'est une politique qui poursuit la RGPP, c'est-à-dire la rigueur généralisée qui atteint toutes les politiques publiques". En lieu et place de quoi, il demande l'annulation du paquet fiscal "absurde". "Il est très important de faire payer ceux qui, en France, ont les capacités contributives les plus importantes. Autrement dit, il faut que les riches paient, c'est ainsi. Il n'y a que Nicolas Sarkozy qui n'en est pas persuadé. Et, du coup, on reste dans l'injustice, on reste dans l'inefficacité", martèle Pierre Moscovici. C'est ce qui permettrait, entre autres, de financer les mesures avancées par Martine Aubry. Mais à trop dénoncer la "rigueur" instaurée par le gouvernement, les socialistes risquent de se trouver en porte à faux. À l'Assemblée nationale, ils ont approuvé le plan instauré en Grèce, en plus par l'un des leurs, Dominique Strauss-Kahn. "On ne va pas l'accabler pour ce qui se passe en Grèce parce que c'est parfaitement injuste. Sous sa direction, le FMI n'est plus un gendarme il est un pompier", assène-t-il. "Si la Grèce mène aujourd'hui une politique de rigueur, ce n'est pas la faute du FMI, ce n'est pas la faute de l'Europe, c'est la faute des Grecs. Quand on a une dette publique de 150%, quand on a des comptes publics maquillés, on est obligés de traiter les choses", assure-t-il. Quant au rôle joué par le président de la République dans le règlement de la crise grecque ou dans la mise en place du fonds européen, Pierre Moscovici en minimise la portée. Tout en se réjouissant de l'accord de Bruxelles, il ironise : "On veut représenter Nicolas Sarkozy comme un président qui a revêtu son battle-dress, qui est dans la war room et qui est l'homme qui est capable de traiter les crises. Il n'est qu'un des 27. Ce côté qui consiste toujours à se mettre en avant pour dévaloriser les autres, c'est un peu de la frime." François-Xavier Bourmaud

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