mercredi 28 avril 2010
Interview vidéo deDéputé-maire PS de Nantes, président du groupe socialiste à l'Assemblée
Jean-Marc Ayrault promet des «propositions innovantes» du PS pour réformer les retraites
Invité du «Talk Orange-Le Figaro», le patron des députés socialistes justifie le silence de son parti sur les retraites par l'attente des propositions du gouvernement.
Encore trop tôt. A l'unisson du PS, Jean-Marc Ayrault a justifié la position attentiste du parti sur la réforme des retraites. «Il est normal quand vous êtes dans l'opposition d'attendre ce que le gouvernement va dire concrètement sur la réforme des retraites», a expliqué le patron des députés socialistes lors du «Talk Orange-Le Figaro». Or, «même en recevant les partenaires sociaux, il n'a rien dit vraiment, sinon de laisser entendre qu'il va remettre en cause l'âge légal de départ en retraite à 60 ans», a-t-il déploré pour justifier la décision du PS de ne pas rendre publiques ses propositions sur les retraites. A en croire Jean-Marc Ayrault, le PS a pourtant travaillé sur la question. «Il faut une réforme globale, nous en sommes conscients. Le PS fera d'ailleurs des propositions qui seront assez innovantes et qui prendront en compte l'ensemble des aspects de la question : allongement de la durée de vie, pénibilité, travail des seniors, dépendance et puis recherche d'autres financements que les seuls salaires», a-t-il indiqué. En ce qui concerne les retraites des députés, Jean-Marc Ayrault l'a assuré, «il y a une réforme, elle sera appliquée à tout le monde, y compris aux parlementaires, c'est une évidence». En attendant d'en savoir plus sur la réforme envisagée par le gouvernement, les socialistes ont d'autres sujets de préoccupation. A commencer par le débat sur la loi d'interdiction totale de la burqa que prépare le gouvernement. En 2004, lors de l'élaboration de la loi sur les signes religieux à l'école, Jean-Marc Ayrault en avait été un des artisans. «On a eu un débat de haut niveau quand Jean-Louis Debré présidait l'Assemblée nationale et ensuite nous avons voté un texte à la quasi-unanimité qui fait aujourd'hui référence», a-t-il rappelé. Pour la burqa, Jean-Marc Ayrault préconise la même approche. «Comment traiter cette question de la burqa qui est une régression, qui est contraire aux valeurs que nous défendons, les valeurs de la République, sans donner le sentiment de stigmatiser une religion ?», a-t-il demandé. Pour Jean-Marc Ayrault, la réponse passe d'abord par le vote d'une résolution à l'Assemblée nationale «pour réaffirmer nos principes». Après discussion avec Jean-François Copé, le vote de cette résolution semble acquis. «Ce sera un signe fort qui sera donné au pays», a-t-il estimé. Arrive ensuite la deuxième étape : la loi d'interdiction. Avant d'entamer le dialogue avec le gouvernement, Jean-Marc Ayrault pose trois conditions : le refus de l'urgence parlementaire, la prise en compte des remarques du Conseil d'Etat et enfin l'efficacité de la loi. Il n'en est pas à envisager de soutenir une telle loi mais il le reconnaît : «François Fillon a calmé le jeu.» François-Xavier Bourmaud
réagissez à l'interview