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mardi 13 avril 2010

Interview vidéo de

Frédéric Lefebvre

Pour le porte-parole du parti présidentiel, les députés se trompent en pensant que les Français souhaitent davantage de temps pour réformer.

Frédéric Lefebvre: "La mode est au recul sur beaucoup de sujets" au groupe UMP à l'Assemblée

L'UMP avait son porte-parole, Frédéric Lefebvre, invité hier au "Talk Orange-Le Figaro". Le parti aura maintenant une devise, qui doit beaucoup aux Jeux olympiques. "Les Français qui soutiennent notre majorité, qui ont voté pour le président de la République, attendent des résultats plus rapides, ils attendent qu'on aille plus vite, plus fort, plus loin, a expliqué Lefebvre. Ils n'attendent en aucun cas qu'on recule sur tel ou tel point." Qui aurait cette tentation dans la majorité? Les parlementaires, selon Lefebvre, et notamment les députés. "Après une défaite, il y a beaucoup de fébrilité, il y a un manque de sérénité qui existe à l'intérieur des groupes UMP à l'Assemblée ou au Sénat", a constaté l'ancien député, suppléant d'André Santini dans les Hauts-de-Seine. À l'Assemblée, "comme il y a beaucoup de fébrilité, la mode est visiblement au recul sur beaucoup de sujets", déplore-t-il. Il exonère cependant le patron du groupe de toute malignité dans la montée de cette grogne. "Jean-François Copé est parfaitement dans son rôle quand il évoque des positions, des débats sur des questions de fond, assure-t-il. Il est un peu le porte-parole des parlementaires." Régler la question du voileFrédéric Lefebvre met également en garde contre ceux qui "ont la tête ailleurs et pensent à 2012". "J'ai envie d'inviter ce petit monde à se concentrer sur les questions qui intéressent les Français. Or, la question de 2012 et de la présidentielle n'est pas dans les préoccupations immédiates des Français", indique-t-il à l'intention, notamment, d'Alain Juppé et de Dominique de Villepin. "Dans la majorité, il est toujours possible de débattre", assure-t-il cependant.Exemple de débat qui "préoccupe les Français", selon Lefebvre, celui sur l'interdiction du voile intégral. Ce sujet "concerne l'identité de notre pays", explique-t-il. "Je pense qu'il faut régler cette question rapidement, sans s'y attarder." Il souhaite une "interdiction efficace" et "la plus générale possible" mais également que "l'on veille à ne pas être sanctionné par le Conseil constitutionnel une fois de plus": "On voit les dégâts que ça a fait avec la taxe carbone." À l'inverse, le porte-parole de l'UMP n'a pas l'impression que la majorité a souffert de la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy: "Que beaucoup d'électeurs et beaucoup de nos élus disent "il ne faut pas en rajouter", c'est une chose. Mais je n'ai entendu personne dire "il faut revenir en arrière sur l'ouverture et choisir le sectarisme"." Jérôme Cahuzac, nouveau président PS de la commission des finances à l'Assemblée, est l'exception qui confirmerait la règle. Selon Lefebvre, "son comportement n'est pas digne de la confiance qui lui a été faite". "Il a tendance à être le porte-parole du PS", déplore-t-il en expert.

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