le talk orange - le figaro

L'actualité en interview et vidéo

mercredi 31 mars 2010

Interview vidéo de

Manuel Valls

Député-maire PS d'Evry

«Il n'y a pas de candidat naturel au PS pour 2012»

Invité du «Talk Orange-Le Figaro», le député maire d'Évry publie un livre iconoclaste par rapport au PS.

Manuel Valls en est persuadé: «La victoire aux régionales a changé le climat. Les Français nous le disent: ?Peut-être, demain, vous pouvez gouverner.?» Le constat est partagé au PS, où tous sentent bien que, depuis mars, Nicolas Sarkozy n'est plus invincible. Invité hier du «Talk Orange-Le Figaro», le député maire d'Évry croit en ses chances pour 2012. «Cela fait peser une responsabilité sur nos épaules. Il y a de la gravité chez chacun d'entre nous», assure-t-il. Dans la compétition qui s'annonce pour désigner le candidat du parti pour la prochaine élection présidentielle, Manuel Valls se définit lui-même comme «l'outsider». Celui qui espère surgir à la surprise générale. «Il n'y a pas de candidat naturel, assure-t-il. Il y a une compétition ouverte devant des millions d'électeurs. » Pour lui comme pour d'autres, Martine Aubry n'est pas sortie renforcée du scrutin régional. Pas plus qu'il ne croit au «pacte» de non-agression qui lierait la PS à Dominique Strauss-Kahn et à Laurent Fabius pour que?première secrétaire du le mieux placé des trois bénéficie du soutien des deux autres. «Ce serait donner le sentiment d'une confiscation des primaires», confie Manuel Valls en aparté.Or les primaires, c'est sa grande affaire. « 2010 sera l'année du débat. 2011 sera celle de la décantation et du choix », assure-t-il. Pour se préparer à la candidature, il vient de publier un livre (Pouvoir, Stock) dans lequel il revient sur son parcours de militant socialiste, ses débuts auprès de Michel Rocard, sa mission à Matignon auprès de Lionel Jospin et son expérience d'élu. Des souvenirs sur lesquels il s'appuie pour donner sa position sur l'identité nationale, la crise financière, l'avenir de la social-démocratie ou du couple franco-allemand, les rapports du PS aux institutions de la Ve République.La présidentialisation du régimeL'occasion à chaque fois pour Manuel Valls de se démarquer de la tonalité générale du discours socialiste. Il critique les 35 heures, qui ont «endommagé la compétitivité de notre économie». Il revendique un discours du PS sur l'entreprise et demande au parti d'«être aux côtés de ces chefs d'entreprises, de ces artisans et de ces commerçants qui peuvent être convaincus par une gauche innovante». Il demande au PS d'accepter enfin la présidentialisation du régime. «La gauche doit cesser de considérer comme a priori dangereux l'établissement d'une relation de confiance entre le peuple et son leader », assure-t-il. Un peu à part dans le PS, Manuel Valls avance aussi une série de propositions concrètes et sans ambiguïtés: «Créer une nouvelle taxe carbone, élargir l'Europe à la Turquie, allonger la durée des cotisations pour les retraites ou limiter les dépenses publiques par l'instauration d'une règle d'or? Voilà quelques mesures prises pêle-mêle dont la popularité n'est pas garantie auprès de nos concitoyens.»Manuel Valls n'a pas renoncé non plus à l'idée de rebaptiser le PS. S'il se montre moins revendicatif aujourd'hui qu'après la cinglante défaite du parti aux européennes, il estime toutefois que le terme «socialiste» renvoie « à l'idée d'une alternative globale au capitalisme. Or c'est précisément cette idée qui est impensable à présent. » Là encore, la proposition est iconoclaste.«Pouvoir», Manuel Valls, Stock, 280 p., 19 ?.

réagissez à l'interview
 

les dernières réactions à l'article

voir mon journal de réactions aide
Aucune réaction encore postée
Soyez le premier à réagir