lundi 29 mars 2010
Interview vidéo deEurodéputée et vice-présidente du Front National
Marine Le Pen rêve d'un second tour contre Martine Aubry.
La vice-présidente du FN diagnostique une "rupture totale" entre Nicolas Sarkozy et ses électeurs
Y-a-t-il encore un doute sur le nom du prochain président du Front national? Alors que le congrès chargé de désigner le successeur de Jean-Marie Le Pen devrait se réunir fin 2010 ou début 2011, Marine Le Pen aborde la dernière ligne droite en position de force. Même si son rival, Bruno Gollnisch, n'a renoncé à rien.Le redressement très net du FN lors des régionales -11,42% au plan national au premier tour, 17,81% en moyenne au second dans les douze régions où il avait pu se maintenir- conforte Marine Le Pen, très présente dans les médias pendant la campagne. "Je ne pensais pas qu'on dépasserait la barre des 10% au premier tour de façon aussi franche", a-t-elle confié hier au Talk Orange-Le Figaro.L'élue d'Hénin-Beaumont a obtenu 22,20% dans le Nord - Pas-de-Calais au second tour, alors que Bruno Gollnisch a recueilli 15,23% en Rhône-Alpes. Un score élevé mais moins spectaculaire.Aujourd'hui, "l'étiage du FN est de 14% à 15%, a-t-elle assuré au Talk. C'est un socle de démarrage, pour commencer à travailler sur la présidentielle de 2012" . Autre élément de satisfaction pour Marine Le Pen?: à l'en croire, "il y a upour la première fois un vrai doute sur la capacité de Nicolas Sarkozy à se représenter" dans deux ans. On constate "une rupture entre lui et ses élus, mais aussi entre lui et ses électeurs". Et la vice-présidente du FN de diagnostiquer une "implosion du sarkozysme" . Au point d'envisager pour 2012, « la présence du Front national au second tour contre un candidat de gauche". Un face à face « Marine contre Martine, pourquoi pas ?", a lancé, avec un large sourire, la fille de Jean-Marie Le Pen qui ne doute pas de ses chances de succéder à son père à la tête du Front national . Le commentaire de Jean-Marie Le Pen au soir du premier tour - "Le Pen est une bonne marque"- illustre en tous cas le meilleur atout de sa fille?: son patronyme. Marine Le Pen peut se prévaloir de son nom pour paraître garantir la pérennité du FN, fondé par son père en 1972 et qu'il préside depuis lors. Elle illustre à sa manière la féminisation du personnel politique et se plait à déclarer qu'elle réagit aussi "en tant que mère de famille".Enfant de la télé, Marine Le Pen est de plain-pied dans l'univers audiovisuel. Sa relative jeunesse - elle a 41 ans - sa gouaille et son caractère entier en font une habituée des débats télévisés. Et ses scores électoraux importants dans le Nord-Pas-de-Calais lui permettent de ne plus apparaître comme une simple "fille à papa".Seul Bruno Gollnisch peut encore prétendre s'opposer à Marine Le Pen s'il le souhaite vraiment. Professeur de langue et de civilisation japonaise, celui-ci est un des rares anciens députés FN à l'Assemblée de 1986 à 1988 encore dans la vie publique. "C'est un nippon, il peut fondre sur l'ennemi sans prévenir comme les Japonais à Pearl Harbor", plaisante un membre du bureau politique. La campagne interne va commencer. Et les deux rivaux vont faire la tournée des fédérations pour présenter leur programme.
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