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mercredi 3 mars 2010

Interview vidéo de

Jérôme Cahuzac

Député socialiste du Lot-et-Garonne, nouveau président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale

Cahuzac salue la "République apaisée"

Invité du "Talk Orange-Le Figaro", le nouveau président socialiste de la commission des finances promet une "expression différente".

"Si on m'avait dit il y a un mois que je serais président de la commission des finances, j'aurais dit : 'tu parles !'" Jérôme Cahuzac joue à celui qui n'en revient toujours pas. L'ancien porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale, spécialiste des questions budgétaires, a été élu la semaine dernière à la place de Didier Migaud, nommé premier président de la Cour des comptes, à la tête de la commission des finances. Depuis la réforme de la Constitution de juillet 2008, cette fonction est dévolue à l'opposition. "Nicolas Sarkozy a eu raison d'instaurer cette règle", a-t-il déclaré au "Talk Orange-Le Figaro". Cette disposition est le signe, selon lui, d'une "République apaisée". Le député du Lot-et-Garonne n'oublie pas cependant le combat politique. "J'espère qu'en 2012, ce sont des rangs de l'UMP qu'émergera un candidat à la présidence de la commission." Peu connu par le grand public, Jérôme Cahuzac l'est des parlementaires qui le voient comme un député tenace. Lors des débats budgétaires, il ne manque pas une occasion de pointer la détérioration des comptes publics. L'Élysée ne souhaitait pas qu'il soit désigné par le groupe socialiste. En vain. Mais pour l'instant, Jérôme Cahuzac a décidé d'adapter son vocabulaire. "Les fonctions de porte-parole sont par nature rugueuses. La fonction que j'exerce (maintenant) est différente et donc l'expression sera différente", a-t-il assuré. "Pour autant, la situation des finances ne s'est pas améliorée d'un seul coup. Elles étaient dégradées, elles restent dégradées." En aparté, il dit accepter une cure de modération afin d'être "audible" plus tard. Le député du Lot-et-Garonne, à peine élu, ne veut pas être soupçonné d'esprit partisan. "Je sais que je suis attendu au tournant." Pour mener son rôle d'opposant, Jérôme Cahuzac veut s'en tenir aux faits. Ainsi à propos du "plan de stabilité" du gouvernement: "Je constate, car c'est factuel, que le plan prévoit un passage du taux de prélèvement de 40 et quelques pour cent à 43%, ils vont donc augmenter. Ce n'est pas ne pas être consensuel ni être rugueux" que de le dire. Jérôme Cahuzac ajoute: "Le chef de l'État lorsqu'il était candidat avait promis une baisse de 4 points." CQFD. Nicolas Barotte

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