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mardi 2 mars 2010

Interview vidéo de

Michel Charasse

Ancien ministre (DVG), nommé au Conseil constitutionnel

Charasse n'est pas "un homme qu'on manipule"

L'ancien ministre de Mitterrand se désole que la campagne des régionales laisse de côté "le vrai débat" sur la réforme territoriale.

Invité mardi du "Talk-Orange-Le Figaro", Michel Charasse a profité de ses derniers jours de liberté de parole pour dire tout le mal qu'il pense de la campagne des régionales, tous partis confondus. L'ex-ministre du Budget sera en effet soumis à un strict devoir de réserve à partir du 12 mars, date de sa prise de fonction au Conseil constitutionnel. Nommé par Nicolas Sarkozy, il a tenu à répéter que le président ne lui avait "rien demandé". Michel Charasse, "viré" du PS en 2008, ne se considère pas comme une prise de l'"ouverture". Et encore moins comme un rallié à la majorité, en dépit des accusations du député PS Arnaud Montebourg. Des critiques qu'il a balayées d'un "on ne peut pas plaire à tout le monde" faussement fataliste. "Je ne me classe pas politiquement à droite, a-t-il précisé. J'ai des convictions depuis ma jeunesse que je n'ai jamais abandonnées." Quant à Arnaud Montebourg, "il dit ce qu'il veut." "Je crois me souvenir que quand il s'est présenté à la députation, a tout de même rappelé Michel Charasse, il hésitait beaucoup entre le Parti radical de gauche et le PS. Moi, je n'ai jamais hésité."Le nouveau membre du Conseil constitutionnel ne doute pas que Nicolas Sarkozy, lui, sache qu'il est "quelqu'un de totalement indépendant." Et qu'il l'a "toujours été, même au PS", "ce qui faisait quelquefois râler (ses) amis". C'est donc en "homme qu'on ne manipule pas" qu'il a commenté la campagne des régionales. Une campagne qui le désole, à cause de la "collection de procès et de mises en cause diffamatoires" à laquelle elle donne lieu, ce qu'il trouve d'un niveau "pas très correct".Mais aussi parce que, selon lui, "le vrai débat des régionales n'aura pas lieu." Expliquant qu'avec la suppression de la taxe professionnelle, "les régions n'auront plus le droit de voter l'impôt à partir de 2011", et qu'elles "seront les seules collectivités locales qui dépendront entièrement de dotations affectées par l'État au budget de l'Etat", il a regretté que cette situation "très particulière" ne soit pas au coeur du débat, et qu'on dise aux électeurs: "Si vous voulez améliorer votre pouvoir d'achat, il faut voter pour l'opposition." Une référence à des déclarations de Martine Aubry, qu'il n'a pas citée nommément. En revanche, la première secrétaire du PS n'a selon lui pas eu "complètement tort" de prévoir le succès de son camp, "parce que l'ambiance actuelle est plutôt porteuse dans ce sens." Judith Waintraub

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