lundi 22 février 2010
Interview vidéo deAvocat général près la cour d'appel de Paris
Pour Philippe Bilger, il faut «laisser la police faire son travail» en garde à vue
Le haut magistrat était l'invité du «Talk Orange-Le Figaro».
«Je suis persuadé qu'aujourd'hui, quoi qu'on fasse, dans les affaires emblématiques, il n'est pas un citoyen qui ne va pas penser que les magistrats ont été manipulés ou dirigés, et cela, c'est dramatique pour la démocratie », a lancé hier Philippe Bilger, avocat général à la cour d'appel de Paris, connu pour ses prises de positions tranchées, invité du «Talk Orange-Le Figaro». Le haut magistrat faisait ainsi référence à l'appel fait par le parquet dans l'affaire Clearstream. «À mon sens, il est inconcevable qu'il (le procureur) ait accompli cet appel, dans des conditions médiatiques surprenantes, sans avoir eu au moins l'aval politique? Ça, c'est clair» , a-t-il insisté. Depuis longtemps, l'avocat général milite pour une séparation du siège et du parquet, une position qu'il sait toutefois peu populaire dans la magistrature.Dans le débat qui oppose le ministère de l'Intérieur et celui de la Justice autour de la place des avocats dans les gardes à vue, Philippe Bilger a défendu le travail des enquêteurs: «Autant je crois à la présence bénéfique de l'avocat dans l'espace judiciaire, autant je crois aussi qu'il est nécessaire de laisser la police accomplir son travail pour le bienfait de tous» , estime-t-il. L'avocat général a refusé d'attribuer le suicide de Jean-Pierre Treiber à une faute de l'administration pénitentiaire, expliquant: «Il aurait peut-être fallu avoir une sorte d'intuition psychologique? Mais c'est trop facile, d'avoir après une terrible lucidité rétrospective.» «Complicités publicitaires»Interrogé sur le casier judiciaire d'Ali Soumaré, tête de liste PS du Val-d'Oise, le haut magistrat n'a pas mâché ses mots. «Je trouve dommage que (?) le PS n'ait pas pris tout simplement la peine de choisir un autre candidat. La France n'est tout de même pas à ce point démunie de candidats dévoués qu'elle soit obligée d'aller chercher des gens qui ont été condamnés, même en ayant purgé leur peine. » Toutefois, il a précisé que le casier judiciaire n'étant pas public, il y a eu «nécessairement des complicités publicitaires ou judiciaires» dans le dévoilement de l'information.
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