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mercredi 17 février 2010

Interview vidéo de

Bruno Le Maire

Ministre de l'Agriculture et de la Pêche

Le Maire invite la majorité à se rassembler et à prendre "un tout petit peu de hauteur" pour préparer 2012

Loyal à Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Agriculture garde son amitié à Dominique de Villepin.

Le porcelet qu'a pris lundi dans ses bras l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, en s'exclamant "ça me rappelle quelqu'un", n'évoque rien au ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire. Rien, si ce n'est la crise agricole. "Ce cochon, commente-t-il, me rappelle surtout qu'il y a une filière porcine qui est en profonde difficulté et qui a besoin du soutien du gouvernement". Invité du "Talk Orange-Le Figaro", l'ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin se serait volontiers passé de cette pique contre Nicolas Sarkozy et ne veut pas nourrir la polémique. Car, à ses yeux, le "rassemblement de la famille politique" et "la diversité" des "analyses" et des "sensibilités" sont "les conditions de la victoire de la majorité en 2012", "les conditions de la poursuite du travail qui a été engagé de réforme de la société française". Et, selon Le Maire, Villepin a toute sa place dans ce rassemblement et cette diversité. "Un des objectifs de Dominique de Villepin est de participer au débat au sein de la majorité, d'apporter sa sensibilité, qui est précieuse", affirme-t-il en évoquant "l'ancien Premier ministre" ou "l'homme du discours aux Nations unies sur l'Irak". D'ailleurs, les deux hommes auraient évoqué le sujet au cours du déjeuner qu'ils ont partagé début février, après la relaxe de l'ancien Premier ministre dans l'affaire Clearstream. "Je lui ai dit et je pense qu'il partage mon analyse", assure Le Maire. À ses yeux, il en va de l'avenir de la France à moyen terme. "Il est très important que l'on prenne un tout petit peu de hauteur et que l'on regarde dans quelle situation nous sommes. Nous sommes en sortie de crise. Il va y avoir des nations gagnantes et des nations perdantes. Je souhaite que la France soit gagnante. Pour cela, il faut aller plus loin dans les réformes. Pour cela, il faut la victoire en 2012." Le Maire veut être l'homme-pont entre Sarkozy et Villepin. Sera-t-il aussi l'homme d'une éventuelle réconciliation ? À voir. En attendant, il reste fidèle à l'ancien Premier ministre parce qu'il n'est "pas un homme à renier ses amitiés" et que son "amitié pour lui est quelque chose qui ne se négocie pas". Mais il n'oublie pas ses devoirs de ministre. "Quand on est membre du gouvernement, on doit au Premier ministre et au président de la République sa loyauté et son engagement", poursuit-il. Pour lui, tout cela "n'est pas difficile à vivre". Anne Rovan

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