mardi 2 février 2010
Interview vidéo deHaut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, haut commissaire à la Jeunesse
Hirsch: "500 millions d'euros pour le service civique"
Le haut-commissaire à la Jeunesse était mardi l'invité du "Talk Orange-Le Figaro".
Au débat sur l'identité nationale, qui connaît ces derniers temps quelques ratés manifestes, Martin Hirsch ne détesterait pas substituer une vaste discussion sur la "citoyenneté nationale". Invité du "Talk Orange-Le Figaro", le haut-commissaire aux Solidarités actives et à la Jeunesse a exalté la notion de "civisme" et vanté la création prochaine, à son initiative, d'un très ambitieux "service civique". Ce dispositif, dont le principe a déjà été validé par le Sénat, doit être examiné jeudi par l'Assemblée nationale. Représentant un coût annuel estimé à un demi-milliard d'euros, il pourrait, selon lui, entrer en vigueur dans les toutes prochaines semaines. Censé pallier le vide laissé par la suppression du service militaire en 1995 et remplacer le service civil qui avait été créé après les émeutes de l'automne 2005 sans jamais vraiment rencontrer le succès, le dispositif conçu par Martin Hirsch est destiné aux jeunes âgés de quinze à vingt-cinq ans, quelle que soit leur origine sociale. "On l'a conçu à la fois pour les jeunes qui ont une très grande soif d'engagement et qui veulent la mettre au profit de la collectivité, mais aussi pour ceux qui n'ont pas d'envie, qui ne se sentent pas utiles à la société, résume le haut-commissaire. Bref, pour tous ceux qui se sentent en panne de citoyenneté." Dans un premier temps, Martin Hirsch espère "recruter" quelque 10.000 volontaires d'ici à la fin de l'année. À l'horizon 2015, il souhaiterait que 750.000 jeunes, soit 10% d'une classe d'âge, s'engagent chaque année à servir la collectivité pour une période qui sera comprise entre six et douze mois non renouvelable. "On devrait alors y consacrer 500 millions d'euros pas an", précise-t-il encore. Pour attirer les jeunes les moins diplômés, qui ne se sont jusqu'à présent guère intéressés par le service civil, les services du haut-commissariat prévoient de leur garantir une rémunération minimale de 640 euros mensuels. Par ailleurs, des places leur seront réservées sous forme de "quotas" afin que les organismes employeurs - ONG, fondations, collectivités locales ou services de l'État - ne se contentent pas de faire appel à des jeunes diplômés. Autre intérêt du dispositif : chaque trimestre consacré au service civique sera pris en compte pour le calcul des droits à la retraite. Réagissant à la publication d'un rapport dans lequel l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) souligne les difficultés d'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) et à la contraception, Martin Hirsch a estimé que les jeunes choisissant de s'engager dans le cadre du service civique pourraient par exemple être envoyés dans les lycées pour éduquer les plus jeunes à la sexualité. "On a travaillé avec Roselyne Bachelot sur le sujet", précise-t-il. À l'entendre, le ministère de la Santé serait "d'accord" pour que ces jeunes interviennent aussi dans des associations ou les centres de planification familiale. "Je sais que les jeunes seront au rendez-vous", assure Martin Hirsch, qui a toutefois choisi de baser le service civique sur le principe du volontariat. "On ne le rend pas obligatoire car on ne veut pas créer une injustice nouvelle au préjudice des jeunes, qui sont déjà victimes de la crise et du chômage", justifie-t-il.
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