le talk orange - le figaro

L'actualité en interview et vidéo

mardi 26 janvier 2010

Interview vidéo de

Vincent Peillon

Eurodéputé socialiste

Peillon prédit l'arrêt du débat sur l'identité nationale. Le député européen assure que les Français ne s'y intéressent pas.

Vincent Peillon a payé pour que ça s'arrête. Revenant sur la violente polémique qui l'a opposé à la direction de France Télévisions, le député européen s'est dit hier persuadé que le renoncement spectaculaire à sa participation à l'émission « À vous de juger » débouchera à terme sur l'arrêt du débat sur l'identité nationale. « Je pense que le résultat de ça, quel qu'en soit le coût personnel, c'est que ça va s'arrêter », a-t-il assuré lors du « Talk Orange-Le Figaro ». « Au sixième débat sur neuf sur l'identité nationale et l'immigration dans notre pays, blessant des millions de nos compatriotes, il m'a semblé qu'il fallait que ça s'arrête. Ce n'est pas un sujet gauche-droite. Trois anciens premiers ministres de droite avaient dit: « Il faut que ça s'arrête » », a plaidé Vincent Peillon.Pour lui, ce débat n'intéresse pas les Français. Il en veut pour preuve l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy lundi soir sur TF1. « J'ai écouté les Français. Ils parlent de quoi? De l'hôpital, de l'éducation, du problème des contrats précaires dans la fonction publique, de l'emploi, des délocalisations? », a-t-il énuméré, avant d'assurer que « tous ces sujets étaient absents ces derniers mois de la programmation d'une chaîne qui est notre propriété collective ». D'où son coup d'éclat sur France 2. « Je l'ai dit un peu fortement mais je crois que ç'a été entendu. Si des personnes ont été blessées, évidemment je le regrette », a-t-il dit. Puis Vincent Peillon a appelé à « couper les liens entre les médias, les politiques et l'argent ». « Nos règles ne vont pas. Je pense qu'il faut les changer profondément. Il n'est pas possible pour la France que nous soyons maintenant, en termes d'indépendance des médias, le 43e pays, d'après Reporters sans frontières », a-t-il déploré.Plus de pouvoirs pour le CSAPremière étape selon lui: le président de France Télévisions ne devrait plus être nommé par le chef de l'État. Ensuite, il demande plus de pouvoirs pour le CSA et veut faire en sorte que ses nominations ne soient pas contestées ou partisanes. Vincent Peillon demande aussi que l'argent donné au service public ainsi que les aides à la presse ne soient pas décidés « de façon discrétionnaire dans le cabinet d'un ministre » mais par un organisme indépendant. Enfin, il propose d'empêcher les concentrations en faisant en sorte que les groupes vivant de commandes de l'État ne puissent pas détenir de groupes de presse.F.-X. B.

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